Amine Kessaci, militant engagé contre le narcotrafic et adjoint au maire de Marseille, a été élu mardi à la tête du bailleur social Marseille Habitat. Il était le seul candidat.
Un président issu du logement social
Le maire de Marseille, Benoît Payan, a salué cette élection : « C’est probablement l’un des premiers présidents d’un bailleur social qui est né et qui a grandi dans un logement social, qui a connu la difficulté et la galère du logement social, qui connaît les mots de justice et de vérité mieux que beaucoup d’autres. »
Un projet pour les familles victimes du narcotrafic
L’homme de 22 ans, originaire des quartiers nord de la ville, a déclaré vouloir agir sur différents projets, notamment « le relogement des familles de victimes du narcotrafic, de ces mères qui attendent, qui espèrent qu’un jour, quelqu’un viendra les mettre à l’abri, les protéger. » Amine Kessaci et sa famille ont été frappés par cette violence : après avoir perdu son frère aîné Brahim, impliqué dans le trafic et tué en 2020, son frère cadet Mehdi, sans antécédent judiciaire, a été assassiné de plusieurs balles en novembre 2025.
Aller chercher l’État
Marseille Habitat, qui représente « le plus petit parc » de logements sociaux de la ville, pourrait piloter ce dispositif. Il faudra associer tous les bailleurs sociaux pour établir un « contingent » de logements à la disposition des familles. « Il faudra travailler avec tout le monde », a confirmé Amine Kessaci à des journalistes, précisant qu’il souhaite « aller chercher l’État » et « mettre tous ces acteurs et ces actrices autour de la table ».
Le jeune élu, qui vit et travaille sous protection policière, souhaite impliquer le préfet et la préfecture de police « pour que les services de police puissent identifier les familles en danger, qui sont menacées, les familles victimes de ces homicides, victimes de ce que j’ai pu connaître, et qu’il faudra reloger ». Un projet abordé avec le gouvernement, a précisé l’élu, qui a rencontré récemment le Premier ministre Sébastien Lecornu.



