Au Liban, la signature d’un accord-cadre avec Israël, le 28 juin 2026, a provoqué une onde de choc politique. Alors que le Hezbollah, parti chiite armé, s’y oppose farouchement, des voix critiques s’élèvent également au sein de la classe politique traditionnelle et même parmi des alliés du mouvement pro-iranien. L’accord, négocié sous l’égide des États-Unis et de la France, vise à délimiter la frontière terrestre et maritime entre les deux pays, en suspens depuis des décennies.
Un accord contesté dans tout le spectre politique
Le texte, signé par le président libanais Michel Aoun et le Premier ministre israélien Yaïr Lapid, prévoit la reconnaissance mutuelle des frontières et l’exploitation conjointe des ressources gazières en Méditerranée. Selon des sources diplomatiques, l’accord garantit au Liban 60 % du champ gazier de Qana, une zone contestée. Cependant, des parlementaires chrétiens et druzes, traditionnellement opposés au Hezbollah, ont exprimé leurs réserves. « Nous ne pouvons accepter un accord qui légitime l’occupation israélienne sans un retrait total des territoires libanais », a déclaré Samir Geagea, chef des Forces libanaises.
Les critiques du Hezbollah et de ses alliés
Le Hezbollah, par la voix de son secrétaire général Hassan Nasrallah, a qualifié l’accord de « capitulation » et de « normalisation déguisée ». Il a menacé de recourir à la force si l’accord n’est pas soumis à un référendum populaire. Plus surprenant, des figures proches du Hezbollah, comme l’ancien député Michel Aoun (homonyme du président), ont critiqué l’absence de garanties sur la souveraineté libanaise. « Cet accord ne protège pas nos droits sur l’eau et le gaz », a-t-il affirmé.
Des conséquences économiques et politiques
L’accord intervient alors que le Liban traverse une crise économique sans précédent, avec une inflation à plus de 200 % et une dévaluation de la livre libanaise de 95 % depuis 2019. Les partisans de l’accord, notamment le Premier sortant Najib Mikati, y voient une opportunité de relancer l’économie en attirant des investissements étrangers dans le secteur gazier. « Cet accord est un premier pas vers la prospérité », a-t-il déclaré. Mais les opposants redoutent qu’il ne renforce l’influence israélienne et n’affaiblisse la position libanaise dans les négociations futures.
Une mobilisation populaire et des risques de tensions
Des manifestations ont éclaté à Beyrouth et dans plusieurs villes du Sud, rassemblant des milliers de personnes. Les manifestants, issus de diverses confessions, brandissaient des pancartes dénonçant « la trahison » et « la normalisation ». L’armée libanaise a été déployée pour éviter des débordements. Selon un sondage réalisé par l’Institut de recherche arabe, 72 % des Libanais désapprouvent l’accord. Les analystes estiment que cette crise pourrait déstabiliser davantage le pays, déjà fragile sur le plan politique et sécuritaire.



