La Cour suprême des États-Unis a validé ce mardi 30 juin 2026 l'exclusion des sportives transgenres des compétitions féminines scolaires ou universitaires par certains États. Cette décision constitue une nouvelle victoire pour le camp conservateur, même si la haute juridiction a également rejeté la remise en cause du droit du sol par Donald Trump.
Une décision qui confirme le pouvoir des États
La plus haute juridiction américaine a estimé que les États républicains de l'Idaho et de la Virginie-Occidentale « peuvent déterminer l'éligibilité pour les compétitions féminines en se basant sur le sexe biologique ». Plus de la moitié des États américains ont déjà adopté des lois similaires, restreignant la participation des athlètes transgenres.
Cette décision s'inscrit dans une série de mesures prises par l'administration Trump depuis son retour au pouvoir en janvier 2025. Dès son investiture, Donald Trump a signé un décret reconnaissant uniquement « deux sexes, masculin et féminin », définis à la naissance, un texte finalement validé par la Cour suprême. En 2025, la Cour avait déjà permis au Tennessee d'interdire aux mineurs transgenres l'accès aux traitements de transition, jugeant cette loi non discriminatoire.
Les arguments des plaignantes rejetés
Les juges se prononçaient sur deux affaires distinctes. Dans les deux cas, des juridictions inférieures avaient donné raison à deux jeunes athlètes transgenres interdites de compétition. Les États conservateurs justifiaient ces interdictions par la nécessité de préserver l'équité et la sécurité des compétitions féminines. Les plaignantes, elles, dénonçaient une discrimination.
Becky Pepper-Jackson, 15 ans, originaire de l'association de défense des droits civiques ACLU, avait déclaré : « Je joue pour mon école pour la même raison que les autres jeunes de mon équipe d'athlétisme : me faire des amis, m'amuser et me dépasser. Tout ce que j'ai toujours voulu, c'est avoir les mêmes opportunités que mes camarades. »
L'avocate de Lindsay Hecox, Kathleen Hartnett, a souligné que les traitements de réduction du taux de testostérone pris par sa cliente annulent tout avantage physiologique éventuel lié à sa naissance. Cet argument est également avancé en France par l'association Toutes des femmes, qui rappelle que « les femmes trans perdent significativement en masse musculaire, en cardio et en performances sportives, ce qui les amène à des niveaux comparables aux autres femmes ».
Un contexte de restrictions accrues
Depuis son retour à la Maison-Blanche, Donald Trump a multiplié les mesures contre la communauté LGBT+, qualifiant la transidentité de « délire ». En novembre 2025, l'administration a annoncé l'expulsion des personnes transgenres de l'armée américaine. La décision de la Cour suprême confirme cette tendance à la restriction des droits des personnes transgenres, tant au niveau fédéral qu'au niveau des États.



