SOS Racisme a annoncé ce vendredi avoir déposé une plainte contre le député RN Julien Odoul et son parti, le Rassemblement National, pour « provocation à la haine raciale ». Cette action en justice fait suite à des propos tenus par Julien Odoul lors d’un meeting à Perpignan le 25 juin dernier.
Des propos jugés racistes
Lors de ce rassemblement, Julien Odoul a déclaré : « Nous ne voulons pas que la France devienne un grand quartier africain ». Ces mots ont immédiatement suscité l’indignation de nombreuses associations antiracistes. SOS Racisme a estimé que ces propos constituent une incitation à la haine envers les personnes d’origine africaine.
Dans un communiqué, l’association précise que cette plainte vise à « rappeler que la liberté d’expression a des limites fixées par la loi ». Elle ajoute que « ces propos sont d’autant plus graves qu’ils émanent d’un élu de la République ».
Une réaction politique
De nombreuses personnalités politiques ont condamné les propos de Julien Odoul. Le député LFI Alexis Corbière a tweeté : « Ces mots sont une insulte à la dignité humaine. Le RN montre une fois de plus son vrai visage ». De son côté, la présidente de la région Île-de-France, Valérie Pécresse, a qualifié ces propos de « totalement inacceptables ».
Julien Odoul, lui, se défend en affirmant que ses paroles ont été sorties de leur contexte. Il a déclaré à l’AFP : « Je dénonce une certaine immigration qui pose problème, pas les personnes elles-mêmes. C’est une instrumentalisation politique de la part de SOS Racisme ».
Un précédent judiciaire
Ce n’est pas la première fois que le RN est visé par une plainte pour provocation à la haine. En 2022, Marine Le Pen avait été condamnée pour des propos similaires. Cette nouvelle plainte pourrait donc relancer le débat sur les limites du discours politique en France.
L’enquête a été confiée à la brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP). Aucune date d’audience n’a encore été fixée.



