Selon le rapport annuel d'Amnesty International publié ce mardi, le nombre de pays ayant aboli la peine de mort a atteint un nouveau record en 2025, avec 144 États abolitionnistes sur 195. Cependant, les exécutions ont connu une hausse spectaculaire de 27 % par rapport à 2024, totalisant 1 970 cas recensés, le chiffre le plus élevé depuis 2015.
Une abolition croissante mais contrastée
L'organisation de défense des droits humains souligne que 144 pays ont désormais aboli la peine capitale en droit ou en pratique, soit une augmentation nette de deux États par rapport à l'année précédente. Parmi les nouveaux abolitionnistes figurent le Kazakhstan et le Ghana, qui ont respectivement supprimé la peine de mort pour tous les crimes. En revanche, 55 pays maintiennent encore la peine de mort dans leur législation, dont 23 l'ont appliquée en 2025.
« Nous assistons à une tendance mondiale vers l'abolition, mais les chiffres des exécutions montrent que des pays comme la Chine, l'Iran, l'Arabie saoudite et l'Égypte intensifient leur recours à cette pratique », a déclaré Agnès Callamard, secrétaire générale d'Amnesty International.
La Chine en tête des exécutions
La Chine reste le pays qui exécute le plus de condamnés, avec au moins 1 000 exécutions en 2025, un chiffre toutefois difficile à vérifier en raison du secret d'État. L'Iran arrive en deuxième position avec 580 exécutions, soit une augmentation de 15 % par rapport à 2024. L'Arabie saoudite a exécuté 150 personnes, tandis que l'Égypte en a exécuté 90. Ces quatre pays représentent à eux seuls plus de 90 % des exécutions mondiales.
« Le nombre record d'exécutions en Iran est particulièrement alarmant, avec des condamnations pour des crimes liés à la drogue qui ne répondent pas aux normes internationales d'équité », a ajouté Callamard.
Des condamnations à mort en baisse
Paradoxalement, le nombre de nouvelles condamnations à mort a légèrement diminué, passant de 2 500 en 2024 à 2 400 en 2025. Cette baisse s'explique en partie par une réduction des condamnations en Inde et au Pakistan. Toutefois, le nombre de condamnés dans les couloirs de la mort reste élevé, estimé à plus de 28 000 personnes dans le monde.
Amnesty International appelle les États à instaurer un moratoire universel sur les exécutions, en vue d'une abolition définitive. « Chaque exécution est une violation du droit à la vie. Les gouvernements doivent cesser de tuer », a insisté Callamard.



