Dans un essai puissant et original intitulé « Anthropologie des violences faites aux femmes au XXIe siècle », le paléoanthropologue Pascal Picq dresse un constat alarmant : les féminicides et les violences sexuelles, loin d'être des phénomènes marginaux ou des héritages de l'évolution, constituent une guerre effarante contre les femmes qui menace l'avenir même de notre espèce.
Un système patriarcal aux conséquences dévastatrices
Pascal Picq, anthropologue de renom, a rassemblé et croisé des études internationales pour documenter ce qu'il appelle le « continent sombre » des violences faites aux femmes. Selon lui, ces violences ne découlent ni des gènes, ni des hormones, ni d'un quelconque héritage évolutif. Elles sont le produit d'un système patriarcal qui, grâce à l'omerta et à une tolérance sociale incroyable, a permis des décennies d'agressions et de crimes.
« Nous menons une guerre effarante contre les femmes », déclare Pascal Picq dans un entretien publié le 28 juin 2026. Il souligne que le mouvement #MeToo a brisé le tabou, mais que la déferlante d'affaires de viols et d'agressions dans tous les milieux – professionnel, éducatif, artistique, religieux – révèle l'ampleur du phénomène.
Un vocabulaire enfin reconnu
Grâce à la ténacité et au courage de militantes féministes, des termes comme « harcèlement », « violences sexistes et sexuelles » (VSS) et « féminicide » ont fini par s'imposer dans le langage commun. Pourtant, ces réalités étaient connues de toutes et tous, mais sans conscience de leur caractère quasi universel. L'essai de Picq vise à nommer et analyser cette réalité crue qui contraste avec la vision romancée des relations entre les sexes.
L'ouvrage, publié dans un contexte où les violences sexistes et sexuelles restent un fléau majeur, appelle à une prise de conscience collective. Selon des données récentes, des millions de femmes ont témoigné depuis #MeToo, mais les chiffres des féminicides et des violences restent élevés.
Une menace pour l'avenir de l'espèce
Pascal Picq va plus loin en affirmant que ces violences menacent l'avenir de l'humanité. Elles ne sont pas une fatalité biologique, mais un choix de société. En tant que scientifique, il insiste sur la nécessité de déconstruire le système patriarcal pour garantir un avenir viable à notre espèce.
« Ce n'est pas dans nos gènes, c'est dans notre culture », résume-t-il. L'essai, réservé aux abonnés dans son intégralité, est un appel à l'action pour en finir avec ce qu'il décrit comme une « guerre » contre les femmes.



