Lutter ensemble contre racisme et antisémitisme
Lutter contre racisme et antisémitisme ensemble

Dans une tribune publiée par Libération, le sociologue Michel Wieviorka plaide pour une approche unifiée de la lutte contre le racisme et l'antisémitisme, estimant que les dissocier affaiblit l'efficacité des combats. Il critique les tendances à opposer ces deux formes de discrimination ou à les amalgamer, ce qui nuit à la compréhension de leurs spécificités.

Ne pas opposer ni confondre

Wieviorka souligne que le racisme et l'antisémitisme sont souvent mis en concurrence dans le débat public, ce qui conduit à des tensions contre-productives. Il rappelle que l'antisémitisme est une forme de racisme, mais avec des caractéristiques propres, notamment une dimension historique et idéologique spécifique. Selon lui, il est essentiel de reconnaître ces différences tout en maintenant une solidarité de lutte.

Le sociologue insiste sur le fait que les victimes de ces discriminations ne devraient pas être mises en opposition. Il cite l'exemple de la montée des actes antisémites en France, qui ont augmenté de 74 % en 2023 selon le Service de protection de la communauté juive (SPCJ), tandis que les actes racistes visant d'autres groupes restent également préoccupants. Pour lui, la réponse doit être globale.

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Une approche intersectionnelle

Wieviorka propose de s'inspirer de l'intersectionnalité, concept développé par la juriste Kimberlé Crenshaw, qui permet de penser les discriminations croisées. Il estime que cette approche peut aider à construire une lutte commune sans nier les spécificités. Il appelle à des politiques publiques qui prennent en compte à la fois le racisme anti-Noirs, l'islamophobie, l'antisémitisme et d'autres formes de discrimination.

Le sociologue critique également les instrumentalisations politiques de ces luttes, notamment par l'extrême droite qui utilise l'antisémitisme pour attaquer l'islam, ou par certains mouvements antiracistes qui minimisent l'antisémitisme. Il dénonce une « concurrence des victimes » qui fragilise la cohésion sociale.

Des actions concrètes

Pour avancer, Wieviorka préconise des mesures concrètes : renforcer l'éducation à la tolérance dès l'école, mieux former les forces de l'ordre, et soutenir les associations qui travaillent sur ces questions. Il insiste sur la nécessité de ne pas laisser ces sujets aux seuls spécialistes, mais d'impliquer l'ensemble de la société civile.

Il conclut en affirmant que « la lutte contre le racisme et l'antisémitisme est un même combat, mais avec des armes différentes ». Cette phrase résume sa vision : une unité dans la diversité, pour une action plus efficace et plus juste.

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