Dans une tribune publiée par Le Monde le 28 juin 2026, un collectif d'intellectuels, de journalistes et de sportifs dénonce l'inaction des instances du football français face aux chants homophobes qui persistent dans les stades. Ils estiment que l'ambiance de tribune ne peut plus servir de justification implicite à la passivité.
Des chants homophobes toujours présents
Malgré les engagements de la Ligue de football professionnel (LFP) et de la Fédération française de football (FFF), les chants à caractère homophobe continuent de résonner dans les enceintes sportives. Les auteurs de la tribune rappellent que lors de la saison 2025-2026, plusieurs incidents ont été signalés, notamment lors de matches de Ligue 1. Selon l'association Rouge Direct, qui lutte contre les discriminations dans le sport, 34 signalements pour chants homophobes ont été recensés entre août 2025 et mai 2026, mais seulement 6 ont donné lieu à des sanctions.
L'appel à des mesures concrètes
Le collectif demande aux instances de prendre des mesures fortes : fermeture de tribunes, matches à huis clos ou encore des sanctions financières dissuasives pour les clubs. « Il ne s'agit pas de censurer l'ambiance des stades, mais de protéger les supporters LGBTQ+ qui viennent assister aux matches », explique le texte. Les signataires soulignent que le football est un vecteur d'inclusion et que la tolérance zéro doit s'appliquer.
Une tribune signée par des personnalités
Parmi les signataires figurent des figures du sport comme l'ancien international Vikash Dhorasoo, la joueuse de l'équipe de France Marie-Antoinette Katoto, ainsi que des intellectuels comme l'écrivain Didier Eribon. « Le silence des clubs et de la LFP est assourdissant. On ne peut pas se dire exemplaire en matière de lutte contre les discriminations tout en laissant des chants homophobes se répéter sans conséquences », déclare Dhorasoo dans la tribune.
Un contexte plus large de lutte contre les discriminations
Cette prise de position s'inscrit dans un mouvement plus large de dénonciation des discriminations dans le sport. En 2025, la ministre des Sports avait déjà annoncé un plan de lutte contre l'homophobie, mais les associations jugent les mesures insuffisantes. Selon un sondage Ifop publié en mai 2026, 62% des supporters LGBTQ+ disent éviter certains matches par peur d'agressions verbales ou physiques.
Des précédents judiciaires
La tribune rappelle que la loi française punit les injures homophobes, mais que dans les stades, ces infractions sont rarement poursuivies. En 2024, le tribunal de Paris avait condamné un supporter à 6 mois de prison avec sursis pour des chants homophobes, mais ce cas reste isolé. Les signataires appellent à une application systématique de la loi, avec des signalements facilités par les clubs et les arbitres.
La réponse des instances
Interrogée par Le Monde, la LFP indique avoir renforcé ses protocoles de signalement et travaillé avec les associations. « Nous partageons l'objectif d'éradiquer l'homophobie des stades. Des sanctions ont été prises, mais nous devons aller plus loin », déclare un porte-parole. Cependant, les associations dénoncent un manque de volonté politique. « On nous promet des mesures depuis des années, mais rien ne change vraiment », regrette un responsable de Rouge Direct.
Vers une mobilisation citoyenne
La tribune appelle les supporters à se mobiliser pour faire pression sur les clubs et les instances. « Le public a un rôle à jouer. Si les supporters refusent les chants homophobes, ils disparaîtront », conclut le texte. Une pétition en ligne a déjà recueilli plus de 15 000 signatures en 48 heures.



