En juin 1976, l’écrivain, peintre, sculpteur et journaliste israélien Amos Kenan accordait un entretien à Josette Alia et Guy Sitbon pour le Nouvel Observateur. Il y déclarait : « Israël n’existe pas encore. Il n’existera vraiment qu’au lendemain de la paix. » Ce texte, publié le 21 juin 1976, est republié aujourd’hui par nos soins.
Un appel à l’humilité et au dialogue
Amos Kenan, né en 1927 à Tel-Aviv et décédé en 2009, a milité toute sa vie pour le dialogue israélo-palestinien. Dans cet entretien, il affirmait : « Israéliens comme Palestiniens, nous sommes des symboles. Le monde aimerait bien se débarrasser de nous. » Il ajoutait que les deux peuples sont « plutôt alliés qu’adversaires ».
Selon lui, « Israéliens et Palestiniens sont des peuples en danger ; ils sont d’abord un danger l’un pour l’autre mais ils risquent aussi d’être, en même temps, abandonnés du monde. » Il préconisait une « certaine dose d’humilité » et de « ne pas forcer le processus par des victoires militaires ».
Un parcours marqué par les combats
Amos Kenan a grandi avec son pays : à quatorze ans, on lui donne un fusil. À dix-huit ans, il lutte contre les Britanniques dans le groupe clandestin Stern. Il a vingt et un ans lorsqu’Israël devient un État. Malgré ce passé militaire, il est resté un fervent partisan de la paix.
Dans l’entretien, il expliquait que la reconnaissance mutuelle est essentielle : « Pour moi, Israël n’existe pas encore. Il n’existera vraiment qu’au lendemain de la paix. Pour cela, il faut que nous nous fassions accepter. »



