Burkina : le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme ferme son bureau fin novembre
Burkina : fermeture du bureau de l'ONU aux droits de l'homme

Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme (HCDH) va fermer son bureau au Burkina Faso à la fin du mois de novembre 2026, a annoncé jeudi 2 juillet son chef, Volker Türk. Cette décision fait suite à la suspension des activités du bureau par les autorités militaires burkinabè en décembre 2025.

Une décision imposée par Ouagadougou

Dans un communiqué, Volker Türk a expliqué que le gouvernement de transition avait notifié au HCDH, le 16 décembre 2025, la suspension de ses activités. Malgré plusieurs tentatives de dialogue, les autorités n'ont pas levé cette suspension, forçant l'ONU à organiser un retrait ordonné. « Nous avons tout fait pour maintenir notre présence, mais les conditions ne sont plus réunies », a déclaré Türk.

Un contexte de tensions croissantes

Le Burkina Faso est dirigé par un régime militaire depuis le coup d'État de septembre 2022. Les relations avec les organisations internationales se sont détériorées, notamment après l'expulsion de plusieurs ONG et la restriction des libertés publiques. Le HCDH dénonce régulièrement des violations des droits humains, notamment des exécutions extrajudiciaires et des disparitions forcées attribuées aux forces de sécurité.

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Un impact sur la protection des civils

La fermeture du bureau du HCDH intervient alors que le pays est confronté à une grave crise sécuritaire liée aux groupes djihadistes. Selon l'ONU, plus de 2 millions de personnes sont déplacées à l'intérieur du pays. « La présence du HCDH était cruciale pour documenter les abus et protéger les civils. Son départ laisse un vide préoccupant », a souligné un analyste basé à Ouagadougou.

Des efforts diplomatiques infructueux

Volker Türk a indiqué avoir rencontré des représentants du gouvernement burkinabè à plusieurs reprises pour tenter de sauver la mission. « Nous avons proposé des ajustements, mais les autorités ont maintenu leur position », a-t-il précisé. Le HCDH emploie actuellement une trentaine de personnes au Burkina Faso, dont la moitié sont des nationaux. Le personnel sera redéployé ou verra son contrat prendre fin.

Une tendance régionale inquiétante

Cette fermeture s'inscrit dans un mouvement plus large de rejet des organisations internationales dans la région du Sahel. Le Mali et le Niger, également dirigés par des régimes militaires, ont restreint les activités de l'ONU et d'autres ONG. « Nous assistons à un recul de l'espace humanitaire et des droits de l'homme dans toute la région », a déploré un porte-parole du HCDH.

Des appels à la reprise du dialogue

Plusieurs organisations de la société civile burkinabè ont exprimé leur inquiétude face à cette fermeture. « Le HCDH était un acteur clé pour la justice transitionnelle et la réconciliation. Nous espérons que le gouvernement reviendra sur sa décision », a déclaré un représentant d'une ONG locale. De son côté, l'ONU affirme rester ouverte à un dialogue pour une éventuelle réouverture future.

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