Venezuela : colère et désarroi dans les rues dévastées quatre jours après les séismes
Venezuela : colère et désarroi dans les rues dévastées

Quatre jours après les séismes qui ont frappé le Venezuela, les habitants de l'État de Sucre expriment leur colère et leur désarroi face à l'absence d'aide gouvernementale. Plus de 1500 maisons se sont effondrées dans cette région côtière, laissant des milliers de personnes sans abri.

Des scènes de désolation dans les rues de Sucre

Dans les rues dévastées de la ville de Cumaná, la capitale de l'État de Sucre, les habitants tentent de sauver ce qui peut l'être. Les immeubles se sont écroulés comme des châteaux de cartes, les routes sont fissurées et les services de base sont interrompus. « On n'a rien reçu, ni eau, ni nourriture, ni tentes. On se demande si le gouvernement se soucie de nous », confie María López, une habitante de 52 ans.

Selon les autorités locales, au moins 12 personnes ont perdu la vie et plus de 200 ont été blessées. Les chiffres officiels font état de 1500 bâtiments détruits et de 4000 autres endommagés. Mais les habitants estiment que le bilan est bien plus lourd.

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L'absence de l'État pointée du doigt

La colère monte contre le président Nicolás Maduro, accusé de ne pas avoir réagi rapidement. « Si on en est là, sans moyens, c'est la faute de qui ? », s'interroge Juan Pérez, un commerçant de 45 ans. « Le gouvernement nous a abandonnés. On a l'impression d'être des citoyens de seconde zone. »

Les secouristes et les bénévoles locaux s'organisent comme ils le peuvent, mais manquent de matériel. « Nous avons besoin de grues, de médicaments, de nourriture. Mais rien n'arrive de Caracas », déplore le maire de Cumaná, Carlos Moreno. Selon lui, les promesses d'aide du gouvernement central ne se sont pas concrétisées.

Des répliques qui entretiennent la peur

Les répliques continuent de secouer la région, semant la panique parmi la population. « On a peur de rentrer chez nous, les murs craquent encore », témoigne Ana Rodríguez, une mère de famille. « On dort dans la rue, sous les étoiles, avec les enfants. On n'a pas le choix. »

Les experts en sismologie avertissent que des répliques de magnitude 5 pourraient encore se produire dans les jours à venir. La région de Sucre est située sur une faille géologique active, où les tremblements de terre sont fréquents.

Un pays déjà fragilisé par la crise économique

Le Venezuela traverse une profonde crise économique, avec une inflation galopante et des pénuries de produits de première nécessité. Cette catastrophe naturelle aggrave encore la situation. « On avait déjà du mal à survivre avant le séisme. Maintenant, on a tout perdu », confie Carlos López, un ouvrier de 38 ans.

Les organisations humanitaires internationales commencent à arriver, mais l'accès aux zones sinistrées est difficile en raison des routes endommagées. La Croix-Rouge a envoyé des équipes d'urgence, mais les besoins sont immenses.

Un appel à la solidarité nationale et internationale

Face à l'urgence, les appels à l'aide se multiplient. « Nous avons besoin de tout : de la nourriture, de l'eau, des vêtements, des tentes, des médicaments », énumère le maire Moreno. « Nous demandons au gouvernement de débloquer des fonds d'urgence et à la communauté internationale de nous soutenir. »

Les habitants, eux, tentent de survivre avec les moyens du bord. « On se serre les coudes entre voisins, on partage ce qu'on a. Mais on ne pourra pas tenir longtemps comme ça », conclut María López, le regard las.

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