Pères fondateurs horrifiés par le 4 Juillet version Trump, selon un historien
Pères fondateurs horrifiés par le 4 Juillet version Trump

À l'occasion du 250e anniversaire de la déclaration d'indépendance des États-Unis, l'historien Edward G. Lengel affirme que les Pères fondateurs seraient « horrifiés » par la manière dont Donald Trump a instrumentalisé la fête nationale. Dans un entretien au journal Libération, Lengel, spécialiste de la guerre d'indépendance américaine, dénonce une célébration « version Trump » qui trahit l'esprit des Lumières.

Une fête nationale détournée par le nationalisme

Selon Lengel, les Pères fondateurs, tels que George Washington, Thomas Jefferson ou Benjamin Franklin, étaient des hommes des Lumières, attachés à la raison, à la modération et à l'universalité des droits. « Ils seraient horrifiés de voir leur héritage transformé en un nationalisme agressif et en une célébration de la force militaire », explique-t-il. L'historien pointe du doigt les défilés militaires, les discours axés sur la « grandeur » américaine et la mise en avant d'une vision unilatérale de l'histoire.

Le 4 Juillet 2026 : un tournant historique

Le 4 juillet 2026 marque le 250e anniversaire de la Déclaration d'indépendance. Pour Lengel, cette date devrait être l'occasion de réfléchir aux valeurs fondatrices, mais elle risque d'être éclipsée par une « mise en scène trumpienne ». Il rappelle que les Pères fondateurs étaient des intellectuels qui débattaient sans cesse et qui craignaient le culte de la personnalité. « Washington lui-même a refusé de devenir roi », souligne-t-il. « Aujourd'hui, on assiste à une forme de monarchie élective avec Trump. »

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Une rupture avec l'esprit des Lumières

Lengel insiste sur le fait que la Déclaration d'indépendance proclame des droits universels, non pas un destin national particulier. « Les Pères fondateurs étaient des cosmopolites, ils lisaient les philosophes européens, ils voulaient créer une république exemplaire pour l'humanité, pas une superpuissance », déclare-t-il. Or, la célébration trumpienne met l'accent sur la puissance militaire et la souveraineté nationale, en contradiction avec l'idéal universaliste. « C'est une trahison de l'esprit de 1776. »

Un appel à une célébration inclusive

Pour contrer cette dérive, l'historien appelle à une célébration plus inclusive et plus humble du 4 Juillet. Il suggère de mettre en avant les figures oubliées de la Révolution, comme les femmes, les esclaves et les amérindiens, et de rappeler que la démocratie américaine est un chantier permanent. « Le 250e anniversaire doit être un moment de réflexion critique, pas un show patriotique », conclut-il.

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