Les hostilités reprennent de plus belle
Les États-Unis et l'Iran ont poursuivi leurs bombardements dans le Golfe, chacun accusant l'autre de violer un protocole d'accord de plus en plus précaire. Signé il y a moins de deux semaines, cet accord devait mettre fin à près de quatre mois de conflit entre les deux pays.
Peu après que Donald Trump a averti que les États-Unis pourraient « mener à bien par la force militaire » leur mission au Moyen-Orient, l'Iran a tiré tôt ce dimanche 28 juin des missiles et des drones contre des installations militaires américaines au Koweït et à Bahreïn, poursuivant une série d'attaques de plus en plus intenses.
Des frappes américaines en représailles
Peu auparavant, l'armée américaine avait dit avoir effectué de nouveaux bombardements sur l'Iran samedi, visant différents sites dont des infrastructures de surveillance militaire. Cette action était en réponse à une nouvelle attaque de drone contre un navire battant pavillon panaméen dans le détroit d'Ormuz, dont la réouverture est l'un des principaux enjeux des négociations.
« L’Iran a eu l’occasion de respecter l’accord de cessez-le-feu, mais a choisi de ne pas le faire », a déclaré le Commandement central américain dans un communiqué. Une première attaque iranienne contre un pétrolier jeudi avait entraîné une reprise des hostilités.
Un accord en 14 points mis à mal
L'accord provisoire en 14 points conclu entre Washington et Téhéran visait à mettre fin aux combats, déclenchés par les États-Unis et Israël le 28 février, et à rouvrir le détroit d'Ormuz à la navigation. Des pourparlers menés sous la médiation du vice-président américain J.D. Vance et du président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, se sont tenus en Suisse il y a une semaine, à l'issue desquels Washington a levé les sanctions contre Téhéran. Cependant, les combats et les accusations ont depuis repris et se sont intensifiés.
Les menaces de Donald Trump
« Des avions américains viennent de frapper des sites de stockage de missiles et de drones iraniens, ainsi que des stations radar côtières, pour [répondre à] la violation, ENCORE UNE FOIS, de l’accord de cessez-le-feu ! » a écrit Donald Trump sur son réseau Truth Social samedi soir. « Il se peut qu’un jour nous ne puissions plus faire preuve de raison et que nous soyons contraints de mener à bien par la force militaire la mission que nous avons si bien entamée. Si cela se produit, la République islamique d’Iran cessera d’exister ! », a-t-il ajouté.
Environ une heure après la publication de ce message, l’armée koweïtienne a déclaré que ses défenses aériennes ripostaient à des attaques « hostiles » menées par des missiles et des drones, tandis que des sirènes retentissaient à Bahreïn, selon le ministère de l’Intérieur de ce pays.
La riposte des Gardiens de la révolution
Le corps des Gardiens de la révolution iranienne a confirmé que ses forces navales et aériennes avaient lancé une opération conjointe à l'aide de missiles et de drones contre des sites militaires américains au Koweït et à Bahreïn en riposte aux récentes attaques américaines contre l'Iran. « Violer le cessez-le-feu est contraire à la clause numéro un du protocole d'accord d'Islamabad et entraînera un arrêt complet de tout le processus diplomatique », ont prévenu les Gardiens dans un communiqué. Le commandement de la marine des Gardiens de la révolution a de son côté affirmé que les bases américaines dans la région « connaîtraient un véritable enfer dans les jours à venir ».
Les accusations de l'Iran
Les « attaques brutales » des États-Unis prouvent qu'ils « n'accordent pas la moindre valeur ni crédibilité à leurs engagements et rompre des promesses fait partie de leur nature », a plus tard accusé le ministère iranien des Affaires étrangères.
Un responsable américain, confirmant les attaques contre des installations américaines, a déclaré à Reuters qu'il n'y avait pas eu de victimes américaines ni de dégâts importants sur les sites américains au Moyen-Orient, mais que la situation était encore en cours d'évolution.
Israël continue de frapper le Hezbollah
Parallèlement, Israël a pour sa part déclaré dimanche avoir frappé des membres du Hezbollah au Sud-Liban malgré l'accord-cadre distinct tout juste signé pour mettre fin aux combats dans ce secteur. L'Iran lie le respect de son protocole d'accord avec les États-Unis à l'arrêt de la campagne militaire d'Israël au Liban.



