Pourparlers USA-Iran : divisions internes à Téhéran menacent l'accord
Divisions internes à Téhéran menacent les pourparlers USA-Iran

La perspective d'une paix durable entre les États-Unis et l'Iran semble s'assombrir, alors que des pourparlers indirects se déroulent à Doha, au Qatar, depuis mardi soir. Les discussions, qui ont pour intermédiaires le Qatar et le Pakistan, peinent à avancer en raison des profondes divisions au sein du pouvoir iranien.

Des discussions indirectes et fragiles

Les émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner ont rencontré mardi le Premier ministre du Qatar pour poser les bases de ces échanges techniques. Cependant, l'Iran a rapidement indiqué qu'aucune réunion directe avec la partie américaine n'était prévue dans les prochains jours, selon le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baghaei. Une délégation iranienne doit rejoindre le Qatar dans la semaine pour des pourparlers indirects portant principalement sur l'accès aux avoirs iraniens gelés, notamment les 6 milliards de dollars détenus à Doha sous supervision qatarie.

Une lutte de pouvoir entre modérés et conservateurs

Selon le Wall Street Journal (WSJ), qui a interrogé des responsables proches des négociations, ces discussions tournent au ralenti en raison de la lutte de pouvoir entre les différentes factions iraniennes. Les modérés, menés par le président Massoud Pezeshkian, souhaitent ardemment débloquer les milliards de dollars d'avoirs gelés pour soulager la population confrontée à une inflation galopante due aux répercussions économiques de la guerre. En revanche, les partisans de la ligne dure, notamment le Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI), se concentrent sur le contrôle du détroit d'Ormuz, qu'ils considèrent comme une priorité stratégique et une source de revenus lucrative via un système de péage.

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Les Gardiens de la révolution, qui contrôlent la force navale patrouillant les eaux iraniennes, ont averti les médiateurs qu'ils fermeraient à nouveau le détroit d'Ormuz si les pourparlers de Doha ne leur garantissaient pas un contrôle exclusif, selon des sources proches des discussions citées par le WSJ. Cette position intransigeante vise à garder la mainmise sur les négociations, alors que la libre circulation dans ces eaux est un élément essentiel de l'accord de paix initial signé début juin.

Le président iranien tente de rallier les religieux

Face à cette opposition, Massoud Pezeshkian a cherché le soutien des hauts dignitaires religieux de Qom, principal centre d'études religieuses du pays. Il a notamment vanté les mérites du déblocage des 6 milliards de dollars gelés au Qatar devant l'ayatollah Shubairi Zanjani, l'une des plus hautes autorités religieuses. Le président iranien a également affirmé que l'accord de paix bénéficiait du soutien du Guide suprême Mojtaba Khamenei, ajoutant que des factions internes et externes cherchaient à perturber le processus diplomatique.

L'option diplomatique privilégiée par Trump

Les divisions internes iraniennes laissent penser que de nombreuses questions censées être réglées par l'accord préliminaire du 17 juin restent en suspens. Cet accord exige que l'Iran lève son emprise sur le détroit d'Ormuz en échange d'incitations financières, et prévoit 60 jours de négociations pour un accord de paix permanent. Tout accord sur des sujets plus épineux, comme le programme nucléaire iranien, semble encore lointain.

Selon des responsables américains interrogés par le WSJ, Donald Trump privilégie pour l'instant la voie diplomatique. Bien qu'il ait envisagé un retour à une guerre totale contre l'Iran et se soit entretenu avec le secrétaire à la Défense Pete Hegseth et le chef d'état-major des armées, le général Dan Caine, au sujet de nouvelles frappes, il n'a pas donné suite à cette option. Trump a confié à ses conseillers qu'une nouvelle série d'attaques massives pourrait faire dérailler la diplomatie et compromettre les chances de démanteler définitivement le programme nucléaire iranien.

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