L'Union européenne se trouve à un carrefour stratégique dans ses relations avec la Chine, hésitant entre la poursuite d'un dialogue constructif et l'adoption de mesures de représailles. Cette ambivalence reflète les divergences entre les États membres sur la manière de répondre aux pratiques commerciales jugées déloyales de Pékin.
Un équilibre fragile entre coopération et fermeté
Bruxelles tente de maintenir un équilibre délicat entre la nécessité de coopérer avec la Chine sur des enjeux globaux comme le climat et la santé, et la volonté de protéger ses industries contre ce qu'elle considère comme des subventions étatiques chinoises excessives. Selon un haut fonctionnaire européen, « l'Europe ne peut pas se permettre de rompre le dialogue, mais elle doit aussi montrer les dents quand ses intérêts sont menacés ».
Des mesures de rétorsion à l'étude
La Commission européenne a récemment proposé un nouvel instrument anti-coercition qui permettrait de riposter contre les pressions économiques étrangères. Cet outil, qui pourrait être utilisé contre la Chine, prévoit des droits de douane, des restrictions d'accès aux marchés publics ou encore des limitations de licences. Cependant, son adoption est freinée par des pays comme l'Allemagne, qui craignent des représailles chinoises contre leurs exportations.
Des divergences entre États membres
Les Vingt-Sept peinent à s'accorder sur une ligne commune. D'un côté, des pays comme la France et les Pays-Bas plaident pour une approche plus ferme, tandis que d'autres, comme la Hongrie et la Grèce, privilégient le dialogue pour attirer les investissements chinois. Cette division affaiblit la position de l'UE sur la scène internationale.
L'impact sur les relations commerciales
Les échanges commerciaux entre l'UE et la Chine ont atteint 856 milliards d'euros en 2022, faisant de la Chine le deuxième partenaire commercial de l'Union. Cependant, le déficit commercial européen s'est creusé, atteignant 400 milliards d'euros. Les tensions pourraient affecter des secteurs clés comme l'automobile, la technologie et l'agriculture.
Vers une stratégie européenne plus cohérente ?
Pour sortir de cette impasse, certains experts appellent à une stratégie européenne plus cohérente, combinant dialogue diplomatique et mesures défensives. « L'Europe doit parler d'une seule voix face à la Chine, sinon elle risque d'être marginalisée », avertit un analyste du European Policy Centre.



