La taxe française de 2 euros sur les petits colis, initialement prévue pour entrer en vigueur le 1er juillet 2026, a été suspendue par le gouvernement. Elle est remplacée par un droit de douane européen de 3 euros, qui s'appliquera à partir de 2028. Cette décision vise à harmoniser les règles au sein de l'Union européenne et à lutter plus efficacement contre les importations à bas coût, notamment en provenance de Chine.
Un changement de cap pour les petits colis
Le gouvernement français avait annoncé en 2024 l'instauration d'une taxe de 2 euros sur les petits colis, une mesure destinée à freiner l'afflux de produits bon marché achetés en ligne. Cependant, face aux critiques et aux difficultés techniques, cette taxe a été suspendue. Le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, a déclaré : « Nous avons décidé de suspendre cette taxe nationale pour privilégier une solution européenne plus cohérente et plus efficace. »
La nouvelle mesure, un droit de douane de 3 euros par colis, sera appliquée à l'échelle de l'Union européenne à partir de 2028. Selon les estimations, cela pourrait concerner jusqu'à 2 milliards de colis par an dans l'UE. L'objectif est de réduire l'avantage concurrentiel des plateformes asiatiques comme Shein ou Temu, qui inondent le marché européen de produits à bas prix.
Un impact sur les consommateurs et les entreprises
Cette taxe européenne devrait entraîner une hausse des prix pour les consommateurs, mais aussi encourager les achats auprès de commerçants locaux. Les associations de consommateurs restent prudentes : « Il faut veiller à ce que cette taxe ne pénalise pas les petits acheteurs, mais qu'elle cible réellement les importations massives », a souligné une porte-parole de l'UFC-Que Choisir.
Les plateformes de e-commerce, quant à elles, devront s'adapter. Shein a déjà annoncé qu'elle pourrait revoir ses prix en Europe. Le droit de douane de 3 euros s'ajoutera aux frais de douane existants, ce qui pourrait renchérir le coût des colis de 10 à 20 % selon les produits.
Une harmonisation européenne nécessaire
La suspension de la taxe française illustre les défis de l'harmonisation fiscale au sein de l'UE. Plusieurs pays, dont l'Allemagne et l'Espagne, avaient exprimé leurs réserves quant à une taxe nationale. La solution européenne, négociée pendant des mois, permet d'éviter une fragmentation du marché unique.
Le commissaire européen au Commerce, Valdis Dombrovskis, a salué cette avancée : « C'est une étape importante pour protéger notre industrie et nos consommateurs contre les pratiques déloyales. » La mise en œuvre du droit de douane nécessitera une adaptation des systèmes douaniers, ce qui explique le délai de deux ans avant son entrée en vigueur.
Les réactions des acteurs économiques
Les entreprises françaises de commerce de détail ont accueilli favorablement cette décision. La Fédération du e-commerce et de la vente à distance (Fevad) a estimé que « cette mesure européenne est plus juste et plus efficace qu'une taxe nationale isolée ». En revanche, les importateurs et certaines plateformes craignent une augmentation des coûts et des formalités administratives.
Selon une étude de la Direction générale des douanes, le nombre de petits colis importés dans l'UE a augmenté de 30 % en 2025, atteignant 1,5 milliard. La mise en place de ce droit de douane pourrait réduire ce flux de 20 à 25 %, selon les prévisions.
Calendrier et prochaines étapes
La taxe française de 2 euros est donc abandonnée. Le gouvernement français va désormais travailler avec la Commission européenne pour préparer l'application du droit de douane de 3 euros. Un groupe de travail technique sera mis en place pour définir les modalités précises, notamment la définition du « petit colis » (valeur inférieure à 150 euros).
Les consommateurs devront attendre 2028 pour voir les effets concrets. En attendant, les achats en ligne depuis des sites extra-européens restent soumis aux règles actuelles. Le gouvernement recommande aux consommateurs de privilégier les achats locaux pour éviter les surprises.



