Dans un article publié le 1er juillet 2026, le quotidien Le Monde revient sur le mythe selon lequel l'extractivisme – l'exploitation intensive des ressources naturelles – aurait constitué un instrument d'émancipation pour les peuples colonisés. L'analyse historique montre au contraire que ce modèle économique a systématiquement renforcé la domination coloniale et les inégalités.
Un mythe déconstruit par l'histoire
L'extractivisme, souvent présenté comme un levier de développement, a en réalité permis aux puissances coloniales de contrôler les territoires et d'exploiter les populations locales. Selon l'auteur de l'article, « loin de libérer les colonisés, l'extraction des ressources a consolidé les structures de pouvoir impérialistes ». Par exemple, l'exploitation du caoutchouc au Congo belge ou du pétrole au Moyen-Orient a généré des profits colossaux pour les métropoles, tandis que les populations locales subissaient travail forcé et dépossession.
Des chiffres qui parlent
L'article cite des données précises : entre 1880 et 1960, l'Afrique a fourni plus de 80 % du caoutchouc naturel mondial, mais les bénéfices n'ont profité qu'à moins de 1 % de sa population. De même, au Nigeria, l'exploitation pétrolière a rapporté plus de 600 milliards de dollars depuis les années 1950, mais le pays reste l'un des plus pauvres du monde, avec un taux de pauvreté dépassant 40 %.
Un discours qui persiste
Malgré ces faits, le discours sur les « ressources comme opportunité de développement » reste prégnant, notamment dans les institutions internationales. L'auteur souligne que « la Banque mondiale et le FMI continuent de promouvoir l'extractivisme comme voie de sortie de la pauvreté, ignorant les leçons de l'histoire ». Cette approche, selon lui, perpétue les inégalités héritées du colonialisme.
Quelles alternatives ?
Face à ce constat, l'article appelle à repenser les modèles économiques post-coloniaux. Il suggère de privilégier des approches fondées sur la souveraineté alimentaire, les énergies renouvelables et l'économie circulaire. « L'émancipation réelle passe par la fin de la dépendance aux ressources extractives et par la construction de systèmes économiques locaux et durables », conclut l'auteur.



