"On l'appelait Robin des bois" : Hugh Jackman en brute sanguinaire crépusculaire
Hugh Jackman en Robin des bois brutal et crépusculaire

Le nouveau film de Michael Sarnoski, On l'appelait Robin des bois, présenté par A24, propose une relecture radicale du célèbre brigand. Hugh Jackman, méconnaissable, incarne un Robin des bois en bout de course, une brute sanguinaire lasse du monde et de sa propre violence. Loin du prince des voleurs au grand cœur, ce hors-la-loi pille et tue sans vergogne, enjolivant ses « exploits » pour rallier des disciples.

Un anti-héros crépusculaire

Après son Wolverine épuisé dans Logan, Jackman compose un nouvel anti-héros crépusculaire. On le découvre en ermite à la barbe folle et à la chevelure sauvage, parcourant l'Angleterre du XIIIe siècle, en proie à la misère et à la maladie. Impossible pour lui de trouver la paix : il est sans cesse confronté à des victimes de son passé, qu'il élimine froidement. Quand son ancien compagnon Petit Jean lui demande de l'aide pour sauver sa femme et sa fille, il repart au combat, semant à nouveau la mort.

Un « Impitoyable » médiéval

La première partie du film sidère par son atmosphère quasi horrifique et sa violence graphique. Visuellement somptueux, il évoque un croisement entre Valhalla Rising de Nicolas Winding Refn et The Northman de Robert Eggers. Mais le récit bifurque quand Robin se retrouve dans un prieuré perdu sur une petite île. Au sein d'une communauté d'éclopés dirigée par Brigid, une religieuse mystérieuse interprétée par Jodie Comer, Robin, qui aspire à une « mort honorable », pourrait paradoxalement retrouver le goût de la vie. Il doit affronter la déploration et le deuil qu'il a semés, et réfléchir à l'impact des légendes qu'il a entretenues.

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Ainsi, On l'appelait Robin des bois devient une lente méditation bergmano-tarkovskienne sur le pouvoir ambivalent des récits et l'absurdité ontologique de la violence. Ce « Impitoyable » médiéval pourra rebuter par sa noirceur et sa radicalité, mais impressionne jusqu'au bout.

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