Algérie : législatives verrouillées et boudées par la population
Algérie : législatives verrouillées et boudées

Les Algériens étaient appelés aux urnes le 6 juillet 2026 pour renouveler l'Assemblée nationale, dans un scrutin marqué par un verrouillage politique et une forte abstention. Selon les chiffres officiels, le taux de participation n'a atteint que 23 % à la mi-journée, un niveau historiquement bas qui confirme le désintérêt croissant de la population pour un processus jugé sans enjeu réel.

Un scrutin sous contrôle

Le pouvoir en place, dominé par le Front de libération nationale (FLN) et le Rassemblement national démocratique (RND), a tout mis en œuvre pour éviter toute surprise. Les candidats de l'opposition, notamment ceux du Mouvement de la société pour la paix (MSP) et du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), ont dénoncé des irrégularités et un accès inéquitable aux médias. « Les élections sont verrouillées d'avance, le résultat est écrit », a déclaré un porte-parole du MSP, cité par l'Agence France-Presse.

Une abstention massive

L'abstention, qui dépasse les 70 % selon les estimations, est le principal enseignement de ce scrutin. Dans les quartiers populaires d'Alger, de nombreux électeurs ont exprimé leur lassitude. « À quoi bon voter ? Rien ne change », confie un habitant de Bab El Oued. Cette défiance s'explique par la crise économique persistante, le chômage élevé (officiellement 11,5 %, mais bien plus chez les jeunes) et la corruption endémique.

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Un système politique figé

Depuis le départ du président Abdelaziz Bouteflika en 2019 sous la pression du Hirak, le système politique algérien n'a que peu évolué. Les réformes promises par le président Abdelmadjid Tebboune, élu en 2019, sont restées lettre morte. Les législatives de 2026 étaient présentées comme une étape clé, mais elles n'ont fait que confirmer l'emprise des partis proches du pouvoir. Le FLN et le RND devraient conserver la majorité des sièges, selon les sondages sortie des urnes.

Des conséquences pour l'avenir

Cette élection risque d'aggraver la crise de légitimité des institutions algériennes. Les analystes estiment que le faible taux de participation pourrait encourager de nouvelles contestations, similaires au Hirak de 2019. « Le pouvoir a choisi le statu quo, mais cela ne pourra pas durer éternellement », explique un chercheur en sciences politiques à l'université d'Alger. La communauté internationale, notamment l'Union européenne, a appelé à un dialogue inclusif pour sortir de l'impasse.

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