Le tribunal correctionnel de Draguignan a condamné deux étudiants originaires de Paris à six mois d'emprisonnement pour escroquerie et filouterie. Les faits se sont déroulés en juin 2026 dans deux hôtels de Cannes et Saint-Tropez, pour un préjudice total de près de 4 000 euros.
Un week-end sur la Côte d'Azur sans le sou
Malik, 22 ans, étudiant en première année d'informatique en IUT à Paris, explique avoir « foiré » ses partiels et ressenti un « burn-out ». Pour se changer les idées avant les rattrapages, il décide de passer un week-end sur la Côte d'Azur, sans réaliser que les prix des hôtels avaient augmenté en raison du Grand Prix de Formule 1 à Monaco. À Cannes, il retrouve son ami Oussama, également étudiant en robotique en BTS en région parisienne, venu se ressourcer au soleil.
« On n'avait pas d'endroit où dormir, alors on a cherché un bon plan sur Snapchat », a déclaré Malik à l'audience. Les deux jeunes hommes se procurent une cinquantaine de numéros de carte bancaire, « sans doute achetés sur le dark web après un vol de données sur Internet », selon Me Julia Bellisi, avocate des parties civiles.
Une technique élaborée pour frauder les hôtels
Munis de fausses cartes d'identité, Malik et Oussama se présentent le 9 juin à l'hôtel Le Cristal à Cannes. Durant la nuit, ils détournent l'attention du gardien pour lui subtiliser un terminal de paiement (TPE). « C'était un gage, un jeu », tente de minimiser Oussama. En réalité, cette étape était essentielle à leur escroquerie.
De retour dans leur chambre, ils utilisent la fonction paiement à distance du TPE pour tester plusieurs numéros de carte bancaire. Après une trentaine d'échecs, ils parviennent à utiliser une carte appartenant à une éducatrice vivant dans l'Ariège, qui n'avait jamais mis les pieds dans la région. Son compte est débité de 637 euros le lendemain matin, correspondant aux nuitées et aux extras consommés. « Au moment du paiement, ils ont fait semblant d'insérer une carte bancaire dans le TPE avant d'actionner le mode paiement à distance et de rentrer le numéro de la carte de ma cliente », précise Me Bellisi.
Réitération à Saint-Tropez et interpellation
Fort de ce succès, les deux amis, accompagnés du frère de Malik, se rendent à Saint-Tropez. Ils réitèrent la même opération à l'hôtel Le Sube. En plus de la nuitée, ils consomment de la nourriture et achètent des casquettes et des polos. Le numéro de la carte de l'éducatrice ariégeoise est utilisé à nouveau pour 1 000 euros, et celui d'une autre victime pour 1 474 euros. Cette dernière constate des mouvements suspects en temps réel et prévient la direction de l'hôtel, ce qui conduit à l'interpellation des trois suspects.
« On pensait que c'était un bon plan, même si on se doutait que c'était louche, reconnaît Malik. C'est pour ça qu'on utilisait de faux papiers. Mais on ne pensait pas à mal. Moi, ce que je veux, c'est réussir mes études et rendre ma mère fière. »
Condamnation et interdiction de séjour
Malik et Oussama ont été condamnés à six mois d'emprisonnement. En outre, ils sont interdits de séjour dans le Var et les Alpes-Maritimes pour une durée de cinq ans. Le frère de Malik, actuellement hospitalisé, sera jugé ultérieurement.



