Les écologistes déposent une proposition de loi pour un congé climatique
Congé climatique : les écologistes déposent une proposition de loi

Les députés écologistes ont annoncé le dépôt d'une proposition de loi visant à créer un « congé climatique » de cinq jours pour les personnes touchées par des événements météorologiques extrêmes. Cette mesure, présentée le 24 juin 2025, vise à permettre aux victimes de faire face aux conséquences immédiates de catastrophes comme les inondations, les incendies ou les tempêtes, sans avoir à utiliser leurs jours de congés annuels ou à subir une perte de revenus.

Un dispositif inspiré d'initiatives existantes

La proposition de loi s'inspire de dispositifs similaires déjà en place dans certains pays, comme le Japon ou les États-Unis, où des congés spécifiques existent pour les sinistrés. En France, le texte prévoit que tout salarié ou agent public dont le logement est rendu inhabitable ou qui doit faire face à des dommages matériels majeurs suite à un événement climatique extrême puisse bénéficier de ce congé, sous réserve d'un constat établi par les autorités compétentes.

Selon les écologistes, ce congé serait rémunéré à hauteur de 100 % du salaire, pris en charge par un fonds dédié alimenté par une contribution des compagnies d'assurance et de l'État. Les députés estiment que le coût serait limité, car les événements extrêmes restent relativement rares à l'échelle individuelle, mais qu'ils ont des conséquences lourdes sur la vie des personnes touchées.

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Un besoin urgent face à l'accélération du changement climatique

« Avec le réchauffement climatique, les événements extrêmes se multiplient. En 2024, la France a connu 12 épisodes de crues majeures et 15 000 incendies. Les victimes ont besoin de temps pour gérer les démarches administratives, les réparations et le stress post-traumatique », a déclaré la députée écologiste Marine Tondelier, citée dans le communiqué de presse. « Le congé climatique est une mesure de justice sociale et de solidarité face à l'urgence climatique. »

La proposition de loi prévoit également un volet préventif, avec la possibilité pour les entreprises de planifier des congés climatiques en cas d'alerte météorologique, afin de permettre aux salariés de se mettre en sécurité ou de préparer leur habitation. Les écologistes espèrent que le texte sera examiné rapidement à l'Assemblée nationale, et appellent les autres groupes politiques à le soutenir.

Des critiques sur le financement et la faisabilité

Le gouvernement a accueilli la proposition avec prudence, soulignant les difficultés de financement et les risques d'abus. « Nous devons étudier l'impact sur les finances publiques et les entreprises. Un tel congé doit être encadré pour éviter les dérives », a réagi le ministre de la Transition écologique, Christophe Béchu, lors d'une interview sur France Info. Les syndicats patronaux, comme le Medef, ont également exprimé des réserves, craignant une charge administrative supplémentaire pour les PME.

Les écologistes rétorquent que le coût serait inférieur à celui des aides d'urgence déjà versées par l'État, et que le dispositif permettrait de réduire les inégalités face aux catastrophes. « Aujourd'hui, seuls les salariés ayant des jours de congé ou un compte épargne-temps peuvent se permettre de s'absenter. Les plus précaires sont les plus touchés », a souligné le député écologiste Julien Bayou, co-auteur du texte.

La proposition de loi devrait être débattue en septembre 2025, lors de la niche parlementaire du groupe écologiste. D'ici là, les députés comptent mobiliser l'opinion publique et les associations de sinistrés pour faire pression sur le gouvernement.

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