Rio : l'histoire méconnue des esclaves derrière la forêt de Tijuca
Rio : les esclaves oubliés de la forêt de Tijuca

La forêt de Tijuca, immense poumon vert de Rio de Janeiro, est souvent présentée comme un modèle de reforestation urbaine. Mais derrière cette réussite écologique se cache une histoire méconnue, celle de onze esclaves qui ont participé à sa création au XIXe siècle.

Une forêt née de la volonté impériale

Au début du XIXe siècle, la région de Tijuca était dévastée par les plantations de café, qui avaient épuisé les sols et asséché les sources d'eau. Pour remédier à cette catastrophe environnementale, l'empereur Pierre II ordonna en 1861 la reforestation de la zone. La tâche fut confiée à six esclaves et cinq hommes libres, sous la direction du major Manuel Gomes Archer.

Un travail titanesque

Pendant treize ans, ces hommes ont planté plus de 100 000 arbres, principalement des espèces indigènes comme le pau-brasil, le jacaranda ou l'ipê. Ils travaillaient du lever au coucher du soleil, sans machines, avec des outils rudimentaires. Leur labeur a permis de reconstituer un écosystème forestier qui abrite aujourd'hui une biodiversité exceptionnelle.

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Malgré leur contribution essentielle, ces esclaves sont longtemps restés dans l'ombre. Leurs noms, comme ceux de João, Pedro ou Antonio, ont été effacés des archives officielles. Ce n'est que récemment que des historiens ont commencé à mettre en lumière leur rôle.

Une reconnaissance tardive

En 2018, une plaque commémorative a été inaugurée au parc national de Tijuca pour honorer la mémoire de ces travailleurs oubliés. Des initiatives pédagogiques, comme des visites guidées thématiques, tentent de sensibiliser le public à cette page d'histoire.

L'importance de la mémoire

Au-delà de la symbolique, cette reconnaissance permet de rappeler que les grandes réalisations environnementales reposent souvent sur des mains invisibles. La forêt de Tijuca, classée réserve de biosphère par l'UNESCO, est un monument vivant de la résilience de la nature et du travail humain.

Aujourd'hui, la forêt attire des millions de visiteurs chaque année, mais peu connaissent l'histoire des onze esclaves qui ont contribué à sa naissance. Un récit qui mérite d'être raconté et transmis.

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