80% des moustiques tigres viennent des jardins privés : un expert donne des conseils
80% des moustiques tigres issus des jardins privés

Près de 80 % des moustiques tigres proviennent de jardins privés, selon Julien Mocq, docteur en entomologie et chargé de projet pour la société Altopictus à Pérols. Il animera une réunion publique sur la prévention du moustique tigre, organisée par le contrat local de santé de l’Agglomération du Gard rhodanien, mardi 23 juin à la salle multiculturelle de Bagnols-sur-Cèze.

Une réunion de sensibilisation pour tous

Interrogé sur le contenu de cette réunion, Julien Mocq précise : « C’est avant tout un moment de sensibilisation au moustique tigre. Pendant une heure et demie, nous expliquerons son cycle de vie, les moyens de limiter sa reproduction, de réduire les nuisances qu’il provoque et les risques qu’il peut provoquer sur la santé. » La réunion s’adresse à tout le monde, aussi bien aux personnes qui connaissent mal le moustique qu’à celles qui pensent déjà être bien informées.

Les idées reçues persistent

Les connaissances des particuliers sur le moustique tigre sont variables d’un territoire à l’autre. « Dans le Sud, les particuliers savent généralement mieux gérer les nuisances. Mais il y a tout de même des idées reçues qui persistent. Beaucoup imaginent que le moustique tigre vit dans les marais ou grandes étendues d’eau, comme d’autres espèces. En réalité, il a besoin de très petite quantité d’eau pour se reproduire, par exemple dans des coupelles de pot ou une gouttière. »

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Les maladies transmises par le moustique tigre ne concernent pas uniquement les zones tropicales. « Il faut sortir de cette idée. La différence, c’est que ces maladies arrivent en métropole par l’intermédiaire de voyageurs contaminés. Le moustique tigre ne naît pas porteur d’un virus type chikungunya. Il peut le transmettre après avoir piqué une personne contaminée, par exemple un voyageur revenant de Guyane. »

Le réchauffement climatique aggrave la situation

Avec le réchauffement climatique, le moustique tigre pourrait s’étendre vers des régions où il était peu présent et rester actif plus longtemps dans l’année. Actuellement, il n’est généralement pas gênant en hiver.

L’utilisation d’insecticides est contre-productive. « En Camargue, où l’on utilisait beaucoup d’insecticide, les moustiques ont développé de grosses capacités de résistance. Ces produits ne fonctionnent que sur les adultes. Pour limiter durablement leur prolifération, il faut cibler les larves. Les pièges au CO₂ ou les aspirateurs à moustiques peuvent être utiles, mais l’essentiel est d’agir à la source : environ 80 % des moustiques tigres proviennent d’espaces privés. »

Les gestes simples à adopter

Il s’écoule une semaine entre la ponte et l’éclosion des larves. Il faut donc couper tous les points d’eau où elles peuvent se développer. Les larves ne survivent pas sans eau. Il est recommandé de :

  • vider et retourner les coupelles chaque semaine
  • nettoyer les gouttières
  • vérifier les zones où l’eau peut s’accumuler, comme sous certaines plaques de béton
  • couvrir les récupérateurs d’eau de pluie avec une moustiquaire

Pour éviter les piqûres, on peut utiliser un ventilateur au niveau des jambes, car le moustique tigre vole bas et n’aime pas les courants d’air.

La réunion publique aura lieu à la salle multiculturelle de Bagnols-sur-Cèze mardi 23 juin à 18 h. Entrée libre.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale