Présentée en avant-première au dernier Festival de Cannes, la satire politico-historique de Michel Leclerc, « Les Caprices de l'enfant roi », manque de souffle et de mordant. Un comble lorsqu'on met en scène Cyrano de Bergerac, D'Artagnan ou Molière !
Un casting prometteur pour une idée séduisante
Sur le papier, l'idée était pourtant séduisante, et le casting réjouissant. En 1651, alors que le royaume de France est menacé par la Fronde parlementaire et les complots intérieurs, un D'Artagnan « has-been » et hâbleur (Franck Dubosc, toujours très à l'aise dans ce registre) est chargé par la reine Anne d'Autriche (Doria Tiller, beauté froide et port altier) d'exfiltrer hors de Versailles le jeune Louis XIV. Dépassé par sa légende, le mousquetaire désormais solitaire confie le garçon à son ami Cyrano de Bergerac (Artus, affublé du fameux pif). Avec le futur Roi Soleil, ce dernier trouve alors refuge au sein de la troupe théâtrale menée par la belle Madeleine Béjart (Julia Piaton), où Molière (Nemo Schiffman) comédien séducteur, va aussi révéler son talent d'auteur.
Une dystopie historique qui rate son estocade
Avec Les caprices de l'enfant roi, on espérait une ébouriffante et désopilante chevauchée. Un film de cape et d'épée enlevé, mais aussi une joyeuse dystopie historique doublée d'une frondeuse satire politique. « Avec nos superhéros Avengers du XVIIe siècle », comme l'a malicieusement dépeint le réalisateur Michel Leclerc. Les Hulk, Spiderman et autres Iron man n'avaient qu'à bien se tenir, face à la botte secrète de notre irrévérence frenchie. Hélas, la proposition (plus boiteuse que bossue) rate son estocade, et les productions Marvel ont encore de beaux jours devant elles.
Une comédie poussive malgré quelques saillies
Car malgré quelques jolies saillies verbales (Julia Piaton, expliquant qu'« un petit roi ne peut pas se marier à sa prof de théâtre plus âgée de vingt ans ») qui font mouche avec notre actualité et une réflexion sous-jacente sur le pouvoir et ses jeux de rôles, promesse n'est pas tenue, au long d'un scénario décousu et répétitif. La plupart des gags tombent à plat au gré de scènes parfois interminables et sans rythme où les acteurs semblent livrés à eux-mêmes, malgré leurs efforts pour donner chair aux mythes incarnés. Pire, la réalisation paraît malheureusement d'époque, elle aussi. Notamment les scènes de bataille sans souffle ni panache (un comble, pour Cyrano). Malgré une louable volonté de s'amuser tout en pointant les travers de notre système, un coup d'épée dans l'eau, à la lame bien émoussée. On ne rit quasiment pas, on sourit un peu, on s'ennuie plutôt. Et à la fin de l'envoi, on se couche…
Les Caprices de l'enfant roi, une comédie de Michel Leclerc avec Artus, Franck Dubosc, Doria Tillier, Julia Piaton. Notre avis : 2/5.



