Les socialistes et les écologistes ont fait front commun ce vendredi pour dénoncer ce qu'ils qualifient de « chantage » de la part de Patrick Pouyanné, le PDG de TotalEnergies. Ce dernier a menacé de ne pas baisser les prix des carburants si le gouvernement ne répondait pas à certaines de ses demandes, une attitude qualifiée de « profiteur de crise » par les oppositions.
Une union inattendue contre un même adversaire
Dans un communiqué commun, le Parti socialiste et Europe Écologie Les Verts ont exprimé leur indignation face aux propos de Patrick Pouyanné. « Alors que les Français souffrent de l'inflation et de la hausse des prix à la pompe, le PDG de TotalEnergies ose faire du chantage pour obtenir davantage de privilèges », ont-ils déclaré. Les deux partis appellent le gouvernement à ne pas céder à ce qu'ils considèrent comme une pression inacceptable.
Les accusations de « profiteur de crise »
Les socialistes et les écologistes accusent Patrick Pouyanné de profiter de la situation économique difficile pour renforcer sa position. « TotalEnergies réalise des bénéfices records grâce à la flambée des prix de l'énergie, et aujourd'hui, son PDG menace les consommateurs pour obtenir encore plus », a dénoncé le député PS Jérôme Guedj. De son côté, la députée EELV Sandrine Rousseau a qualifié cette attitude de « cynique et indigne d'un dirigeant d'une entreprise française ».
Les propositions des oppositions
Face à cette situation, les deux partis proposent plusieurs mesures :
- Un blocage des prix des carburants à un niveau maximum, comme cela a été fait dans certains pays européens.
- Une taxation exceptionnelle des superprofits des entreprises du secteur énergétique.
- Un renforcement des aides directes aux ménages les plus modestes pour faire face à la hausse du coût de la vie.
La réponse du gouvernement
Le gouvernement, par la voix du ministre de l'Économie Bruno Le Maire, a répondu en appelant au « dialogue » avec TotalEnergies. « Nous devons trouver un équilibre entre la nécessité de protéger le pouvoir d'achat des Français et les contraintes des entreprises », a-t-il déclaré. Toutefois, il n'a pas exclu de prendre des mesures si les discussions n'aboutissaient pas.
Cette polémique intervient alors que le prix du litre de carburant a dépassé les 2 euros dans de nombreuses stations-service, provoquant une grogne croissante parmi les automobilistes. Les associations de consommateurs appellent également à une action rapide des pouvoirs publics pour éviter une crise sociale.
En attendant, l'unité affichée entre socialistes et écologistes pourrait préfigurer une alliance plus large pour les prochaines échéances électorales. Les deux partis ont annoncé qu'ils continueraient à travailler ensemble sur d'autres sujets de pouvoir d'achat et de transition écologique.



