Montpellier : une voiture et des tonnes de déchets retirés du Lez avant une pétition pour la Méditerranée
Voiture et déchets retirés du Lez à Montpellier, pétition lancée

Un ultime ramassage révélateur de la pollution urbaine à Montpellier

Ce samedi 7 février 2026, les bénévoles du collectif Bouteille à la mer (BAM) ont réalisé une opération de nettoyage d'envergure sur les rives du Lez à Montpellier. Aidés par plusieurs associations environnementales, ils ont extrait une quantité impressionnante de déchets, allant des emballages plastiques et mégots jusqu'à des objets plus surprenants comme des vélos, un scooter et même une voiture entière.

Un inventaire alarmant des déchets retrouvés

Le bilan de cette collecte est particulièrement édifiant. Parmi les déchets retirés du cours d'eau montpelliérain, on compte notamment une bombonne de protoxyde d'azote, du mobilier de jardin, un urinoir, des lattes de lit, divers métaux, des textiles, des pneus et des bouteilles en plastique. Cette diversité d'objets abandonnés illustre la variété des sources de pollution qui menacent directement la Méditerranée, vers laquelle le Lez s'écoule.

Trois ans d'actions qui aboutissent à une pétition exigeante

Cette opération marque la conclusion de trois années d'engagement du collectif BAM dans la lutte contre la pollution des cours d'eau. Fort de cette expérience de terrain, le collectif a décidé de passer à l'action politique en préparant une pétition qui sera officiellement remise ce lundi 9 février au président de la Métropole, Michaël Delafosse, et aux élus locaux.

Cette pétition, déjà signée par plus de 2 500 citoyens, vise à pousser l'intercommunalité à s'engager sur des mesures concrètes pour réduire significativement le flux de déchets transitant par le Lez vers la mer Méditerranée.

Des chiffres qui alertent sur l'urgence environnementale

La pétition s'appuie sur des données scientifiques alarmantes, notamment un rapport de l'Union internationale pour la conservation de la nature. "230 000 tonnes de déchets plastiques finissent chaque année dans la Méditerranée", rappelle le document. Le collectif souligne qu'une meilleure gestion des déchets dans les cent villes les plus polluantes pourrait réduire de 50 000 tonnes par an le rejet de plastique en mer.

Des propositions concrètes pour une politique zéro déchet

Laura Lesne, membre du collectif BAM et référente océan pour GreenPeace, détaille les mesures innovantes proposées :

  • Installation de panneaux explicatifs devant les grilles pluviales et sur les berges
  • Mise en place de pièges à déchets sur les points stratégiques du réseau d'assainissement
  • Amélioration de la collecte des déchets dans l'espace public
  • Campagnes de prévention et de communication renforcées

Les militants demandent également à Michaël Delafosse de présenter un bilan détaillé de sa stratégie zéro déchets, qui constituait l'un de ses principaux arguments de campagne en 2020.

Une première française en perspective

Première satisfaction pour les associations environnementales, un Comité de protection de l'environnement pourrait bientôt voir le jour sur le territoire de la Métropole. Ce dispositif, qui serait une première en France, aurait pour mission de fédérer les acteurs publics et associatifs autour de rencontres trimestrielles. L'idée a été validée en 2025, et sa mise en œuvre concrète est désormais attendue par l'ensemble des parties prenantes.

Cette initiative montpelliéraine s'inscrit dans une prise de conscience plus large : la pollution des océans commence en ville et transite majoritairement par les cours d'eau. Le collectif BAM et ses partenaires espèrent que leur action servira de catalyseur pour des politiques environnementales plus ambitieuses, non seulement à Montpellier mais dans l'ensemble des villes méditerranéennes confrontées à ce défi écologique majeur.