Le préfet du Var, Simon Babre, a pris un arrêté permettant aux entreprises du bâtiment et des travaux publics de déroger temporairement à la réglementation des bruits de voisinage. Cette mesure vise à protéger la santé des ouvriers exposés à des températures extrêmes lors des épisodes de canicule.
Des horaires élargis pour éviter les heures les plus chaudes
Concrètement, les professionnels du secteur pourront désormais commencer certains travaux dès 6 heures du matin, au lieu de 7 heures habituellement, et les terminer à 21 heures, au lieu de 20 heures. L'objectif est de limiter l'exposition des salariés aux températures les plus élevées de la journée, qui surviennent généralement en milieu d'après-midi.
Cette dérogation temporaire s'applique en cas de canicule, sans que le texte précise un seuil de température spécifique. Le Code du Travail ne fixe pas de température maximale au-delà de laquelle le travail doit être arrêté. Toutefois, l'Institut national de recherche et de sécurité (INRS) estime qu'une situation à risque débute à partir de 28 degrés pour un travail physique et de 30 degrés pour une activité sédentaire.
Un décret de 2025 renforce les obligations des employeurs
Un décret publié en 2025 a renforcé les obligations des employeurs en matière de prévention des risques liés aux fortes chaleurs. Il impose une gradation des mesures à prendre en fonction des seuils de vigilance de Météo-France. Les employeurs doivent notamment prévoir des pauses supplémentaires, mettre à disposition de l'eau fraîche et adapter les horaires de travail.
La Fédération française du bâtiment (FFB) indique ne pas avoir de visibilité sur le nombre d'entreprises ayant décalé les horaires des chantiers, le secteur étant « très atomisé ». Elle rappelle à ses adhérents les mesures de prévention essentielles : port du casque et d'un protège-nuque, crème solaire, vêtements légers mais couvrants, et éviter l'exposition aux heures les plus chaudes.
Un risque mortel pour les ouvriers du BTP
Les conséquences de la canicule sur les travailleurs du bâtiment peuvent être dramatiques. En juin 2025, un ouvrier de 19 ans est décédé après avoir travaillé toute la journée sur une toiture en pleine canicule. Ce drame a relancé le débat sur les conditions de travail dans le secteur.
Dans le Var, les températures estivales dépassent régulièrement les 35 degrés, rendant le travail en extérieur particulièrement dangereux. L'arrêté préfectoral vise à concilier la continuité des travaux avec la protection de la santé des salariés.



