Record de chaleur : 29,8°C, une canicule historique en France
Record de chaleur : 29,8°C, canicule historique

Ce mardi 23 juin, l'indicateur thermique national, qui fait la moyenne des températures diurnes et nocturnes dans 30 stations de référence, a atteint 29,8°C, selon Météo-France. Ce record dépasse les précédents pics du 25 juillet 2019 et du 5 août 2003, qui étaient de 29,4°C. Cette valeur inédite confirme l'intensité exceptionnelle de la canicule en cours, dont les effets sont déjà visibles.

Les plus vulnérables en première ligne

Dans les hôpitaux, la tension monte. Devant les urgences de Pellegrin à Bordeaux, Rebecca, 30 ans, s'inquiète pour sa mère : « On habite en caravane, il fait très très chaud. Ma mère s'est blessée au pied et son état a empiré avec la chaleur. On est très inquiets. » Au total, 58 départements sont placés en vigilance rouge, soit 44 millions d'habitants. En ajoutant les zones en orange, plus de 90 % de la population est exposée à des températures extrêmes. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a activé le plan Orsan pour « mobiliser les personnels nécessaires au fonctionnement de l'hôpital ».

Selon une étude scientifique publiée cette semaine, la canicule est « fortement aggravée par le changement climatique d'origine humaine ». Sans lui, les températures actuelles auraient été 2 à 4 °C plus basses. Le bilan humain s'alourdit déjà : « 40 morts » par noyade ont été recensés depuis le 18 juin, « essentiellement des jeunes », a déploré Sébastien Lecornu lors d'une cellule de crise.

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Un pays paralysé par les températures

Les infrastructures peinent à suivre. La centrale nucléaire de Golfech a été mise à l'arrêt, les eaux de la Garonne atteignant le seuil maximal autorisé pour son refroidissement. À Bordeaux, environ 3 000 foyers subissent des coupures d'électricité liées à la surchauffe des réseaux. La chaleur bat aussi des records locaux : 43,3°C à Cazaux, 42,2°C à Niort, 42,1°C à Bordeaux ou encore 41,3°C à Rennes. Ces niveaux forcent l'adaptation : fermeture anticipée de sites touristiques, chantiers suspendus à la mi-journée et tensions dans les entreprises.

Le quotidien est profondément perturbé. Plus de 8 000 établissements scolaires sont touchés, dont environ 1 800 fermés. « Ce n'est plus tenable », alerte Natacha, enseignante de CM2, qui plaide pour revoir le calendrier scolaire face à ces épisodes extrêmes. Sur le terrain, les habitants suffoquent. À Rennes, Jean-Marc, 55 ans, constate dès le matin : « il fait quasiment déjà aussi chaud dehors que dedans. Les organismes commencent à souffrir ».

Incendies et ressources sous tension

Les autorités s'inquiètent aussi des risques à venir. Cette canicule, comparable à celle d'août 2003, favorise la formation d'ozone et multiplie les départs de feu. Dans les Bouches-du-Rhône, les pompiers sont en alerte. « Il va falloir surveiller les prochains coups de vent », prévient leur chef Jean-Luc Beccari. Enfin, les ressources en eau sont sous pression. « On a 73 départements qui font l'objet d'interdictions partielles ou totales », contre 40 l'an dernier, a indiqué le ministre Mathieu Lefèvre.

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