La biodiversité, un risque systémique pour l'économie mondiale selon l'IPBES
Biodiversité : un risque systémique pour l'économie mondiale

Une ferme marine située à Rongcheng, dans la province du Shandong en Chine, photographiée le 13 novembre 2025, illustre la dépendance des activités humaines envers les écosystèmes naturels. WANG FUDONG/XINHUA VIA AFP

Une dépendance universelle des entreprises envers la nature

Qu'il s'agisse d'un agriculteur dont les récoltes reposent sur les pollinisateurs, d'une papeterie qui s'approvisionne en bois, d'une pêcherie sensible à l'état des stocks de poissons, ou encore d'un supermarché, d'une agence de voyages, d'une compagnie d'assurances ou d'un magasin de vêtements, toutes les entreprises, de près ou de loin, sont à la fois dépendantes de la nature et ont un impact significatif sur celle-ci. Cette interdépendance fondamentale constitue le cœur des préoccupations actuelles en matière de durabilité économique.

Un risque systémique et généralisé pour l'économie mondiale

Aujourd'hui, la perte accélérée de biodiversité, largement liée aux activités de ces sociétés, fait peser un risque systémique et généralisé sur l'ensemble de l'économie mondiale, la stabilité financière et le bien-être humain. Ces conclusions alarmantes sont au centre du nouveau rapport de la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES), souvent surnommée le GIEC de la biodiversité, publié lundi 9 février.

L'urgence d'une transition vers une économie durable

Matt Jones, l'un des trois coprésidents de cette évaluation et responsable des impacts au sein du Programme des Nations unies pour l'environnement, a résumé la situation avec une clarté frappante : Les entreprises et les autres acteurs-clés peuvent soit ouvrir la voie à une économie mondiale plus durable, soit risquer de provoquer l'extinction… à la fois d'espèces dans la nature, mais aussi potentiellement d'eux-mêmes. Cette déclaration souligne l'urgence pour le secteur privé de repenser ses modèles économiques.

Les implications concrètes pour les différents secteurs d'activité

Le rapport de l'IPBES détaille comment divers secteurs sont directement affectés par la dégradation des écosystèmes :

  • L'agriculture : dépend des pollinisateurs et de sols sains pour maintenir la productivité.
  • L'industrie forestière et papetière : repose sur des ressources renouvelables qui s'épuisent rapidement.
  • La pêche : est menacée par la surpêche et la destruction des habitats marins.
  • Le tourisme : souffre de la dégradation des paysages naturels et de la perte d'attraits écologiques.
  • Les assurances : font face à des risques accrus liés aux catastrophes naturelles amplifiées par le changement climatique et la perte de biodiversité.

Ces exemples illustrent la nécessité d'une action coordonnée pour préserver les services écosystémiques essentiels à la prospérité économique.

La responsabilité des entreprises dans la préservation de la biodiversité

Le rapport insiste sur le fait que les entreprises ne peuvent plus ignorer leur rôle dans la crise de la biodiversité. Elles doivent intégrer des pratiques durables dans leurs opérations, depuis l'approvisionnement responsable jusqu'à la réduction de leur empreinte écologique. La transition vers une économie circulaire et régénérative devient une impératif stratégique pour assurer leur résilience à long terme.

En conclusion, l'IPBES appelle à une mobilisation immédiate de tous les acteurs économiques pour inverser la tendance actuelle. La préservation de la biodiversité n'est pas seulement une question environnementale, mais un enjeu économique crucial pour la stabilité et la prospérité futures de l'humanité.