Les États généraux du gaspillage alimentaire proposent la suppression des dates de consommation sur produits secs
Les États généraux du gaspillage alimentaire, lancés en 2025 par le député Guillaume Garot, ont présenté leurs conclusions mercredi avec une proposition phare : supprimer les dates limite de consommation sur certains aliments secs comme les pâtes, le riz et les céréales. Cette initiative vise à simplifier la vie des consommateurs tout en réduisant significativement le gaspillage alimentaire en France.
Une mesure inspirée par des produits déjà exemptés
« Il y a des produits secs qui ont une durée de vie très longue, les pâtes, le riz, les céréales. Faisons en sorte qu'il n'y ait plus de DDM, de date de durabilité minimale, de date de péremption, sur ces produits-là », a déclaré Guillaume Garot, député de la Mayenne, lors de la présentation à l'Assemblée nationale. Il a souligné que cette pratique existe déjà pour le sucre, le vinaigre et le gros sel, et qu'elle pourrait être étendue à ces produits du quotidien.
« Je vous assure, ça changera des choses pour les consommateurs », a-t-il ajouté, devant 200 acteurs de la grande distribution, du monde agricole et de la restauration. Les travaux de ces États généraux, qui ont duré un an, ont abouti à un « Agenda 2030 » contenant une série de propositions qui feront l'objet d'une proposition de loi au printemps.
Un gaspillage coûteux pour les Français
Selon les conclusions présentées, chaque Français gaspille en moyenne 135 euros de nourriture encore consommable par an, ce qui équivaut à près de deux semaines de budget alimentaire moyen. Pour lutter contre ce phénomène, les États généraux appellent à faire pression auprès de la Commission européenne pour modifier la réglementation et élargir la liste des produits exemptés de dates de durabilité minimale.
Accueil favorable et autres propositions
L'annonce a été accueillie favorablement par l'organisation représentant les distributeurs. Émilie Tafournel, directrice qualité à la Fédération du Commerce et de la Distribution (FCD), a indiqué : « On sait qu'il n'y a aucun risque sanitaire, la priorité reste le sanitaire ». Parmi les autres propositions figurent :
- Une amélioration de l'éducation à l'alimentation, notamment à l'école
- L'organisation d'une semaine annuelle contre le gaspillage alimentaire
- Le renforcement des incitations au don alimentaire plutôt qu'à la destruction
- La création d'une plateforme numérique dédiée à la lutte contre le gaspillage
Extension du label antigaspillage annoncée
Présent à l'événement, le ministre délégué à la Transition écologique Mathieu Lefèvre a annoncé une extension du label antigaspillage dans les douze mois à venir. Ce label, qui valorise les engagements dans la lutte contre le gaspillage alimentaire et l'alimentation durable, sera élargi « à d'autres acteurs alimentaires », renforçant ainsi les efforts pour une consommation plus responsable et durable en France.