Deux policiers marseillais condamnés à la prison pour violences aggravées sur une serveuse
Policiers marseillais condamnés pour violences sur serveuse

Deux policiers marseillais écopent de peines de prison ferme pour violences aggravées

Deux policiers affectés à la brigade de nuit de Police Secours à Marseille ont été lourdement condamnés ce mercredi 11 février par le tribunal correctionnel de la cité phocéenne. Anthony H., 31 ans, et Mehdi B., 37 ans, écopent chacun de deux ans de prison, dont un an avec sursis probatoire pour le second. La partie ferme de la peine sera purgée sous bracelet électronique, selon la décision judiciaire.

Une agression violente dans un snack de nuit

Les faits remontent à juillet 2025, lorsque les deux fonctionnaires de police, en état d'ivresse avancée et hors service, ont provoqué une violente altercation dans un snack ouvert la nuit. La scène s'est déroulée vers 3 heures du matin, alors qu'Anthony H. fêtait une crémaillère et s'était rendu sur les lieux.

La serveuse de l'établissement, qui venait de régler pacifiquement un différend avec un client, s'est retrouvée confrontée aux deux policiers excités. Ces derniers exigeaient avec véhémence les images de vidéosurveillance. Face à son refus, la jeune femme a été violemment poussée contre la vitrine du commerce et a reçu ce qu'elle a décrit comme "une énorme gifle".

Des clients tentant d'apaiser les esprits également frappés

Trois clients, venus se restaurer après un déménagement, ont tenté de calmer la situation. L'un d'eux a lancé à Mehdi B.: "Tonton, calme-toi s'il te plait". En réponse, le policier s'est emparé d'une matraque télescopique et leur a administré des coups.

Les enregistrements vidéo réalisés par la serveuse avec son téléphone portable ont capturé l'excitation des agents ivres. On y entend notamment Anthony H. déclarer: "C'est moi la police, c'est moi qui commande", illustrant le sentiment d'impunité qui semblait animer les deux hommes.

Des antécédents judiciaires préoccupants

Lors des débats, la procureure a vivement critiqué le comportement des deux policiers, les qualifiant de "miliciens" et s'interrogeant sur leur maintien dans la police nationale. Elle a requis vingt-trois et vingt-quatre mois de prison ferme contre les fonctionnaires.

La magistrate a notamment souligné leurs casiers judiciaires chargés. Anthony H. présentait des condamnations pour violences conjugales, tandis que Mehdi B. avait des antécédents concernant le compagnon d'une ex-épouse. Anthony H., ancien militaire parachutiste puis commando de montagne, a reconnu avoir "un problème avec l'alcool" depuis la mort d'un camarade sur un théâtre d'opérations au Mali.

Des sanctions professionnelles sévères

Le tribunal a prononcé des interdictions professionnelles significatives contre les deux condamnés. Ils ne pourront plus exercer la profession de policier ni porter une arme pendant une durée de cinq ans. Cette décision intervient alors qu'Anthony H. avait été intégré en 2022 dans la police nationale après avoir été refusé par la gendarmerie en raison d'un casier judiciaire portant cinq mentions.

Par ailleurs, un client jugé pour un coup de poing administré à Mehdi B. a été relaxé, le tribunal estimant qu'il avait agi en légitime défense, comme l'avait requis la procureure.