Interdiction des aliments CBD : polémique à Montpellier
Aliments CBD interdits : polémique à Montpellier

À Montpellier, l'interdiction des produits alimentaires à base de CBD, effective depuis ce vendredi 15 mai, suscite une vive polémique parmi les commerçants. Dans les boutiques spécialisées, les conversations tournent toutes autour de cette nouvelle réglementation qui bouleverse leur activité.

Une perte de chiffre d'affaires significative

Hans Bonichon, futur gérant de la boutique Seeds Experience, rue de l'Aiguillerie, estime que ces produits représentent 30 % de son chiffre d'affaires. « Ces produits représentent 30 % de notre chiffre d'affaires », confie-t-il. Une cliente, venue acheter des gummies au CBD, témoigne : « Ça soulage mes douleurs, je peux difficilement m'en passer. » Elle repart avec 50 euros de marchandise, une somme plus élevée que d'habitude. Hans constate une ruée sur ces produits depuis l'annonce de l'interdiction : « Ces derniers jours, on en vend beaucoup plus parce que les gens savent que ça va être interdit. Ils font des stocks. »

Une tolérance qui prend fin

Le CBD, contenu dans le chanvre, est autorisé en France depuis 2021 sous forme à fumer. Les produits alimentaires comme les bonbons, huiles ou tisanes étaient jusqu'alors tolérés, leur autorisation de mise sur le marché n'ayant jamais été approuvée par l'Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa). Cette tolérance prend fin le 15 mai, avec un renforcement des contrôles annoncé. Les produits encore commercialisés après cette date devront être rappelés ou retirés. L'État justifie cette décision par la volonté de réduire les intoxications liées au CBD, souvent dues à des substances de synthèse ou à des taux de THC supérieurs à 0,3 %. Il pointe également un marketing jugé trop attractif pour les jeunes.

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Les commerçants dénoncent une mesure injuste

Hans Bonichon conteste la dangerosité de ses produits : « Quand il y a des intoxications, c'est à cause des molécules de synthèse. Or, 90 % de nos fleurs sont bio et locales. Le problème avec cette interdiction, c'est que tout le monde est mis dans le même sac. » Il craint des conséquences néfastes pour la santé publique : « La santé des consommateurs va en faire les frais. Parce qu'ils vont davantage commander sur internet, dans d'autres pays européens, où les produits sont de moins bonne qualité. Il va aussi y avoir du marché noir. Bref, on va booster des produits sur lesquels il n'y a aucun contrôle. C'est aberrant. »

Un appel à la régulation

Dans un autre commerce du quartier de l'Écusson, les gummies et brownies au CBD ont déjà disparu des rayons. « Il me reste des sucettes et des cookies », tente la vendeuse. Chez Legalize, boulevard Ledru-Rollin, Safia Lebdi estime à 20 % la part des produits alimentaires dans son chiffre d'affaires. « La situation est déjà difficile au niveau économique. Moi, je fais du bio depuis dix ans. Au fil du temps, on a vu arriver des produits qui ne sont pas bons. Il faut réglementer cette économie, mais sans pénaliser ceux qui travaillent bien », plaide-t-elle.

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