De la scène parisienne aux champs de fleurs : la reconversion inspirante de Flore Liaud
Reconversion inspirante : de comédienne à scénographe florale

Ancienne metteure en scène et marionnettiste, Flore Liaud a quitté Paris pour le Clermontais. À Brignac, elle cultive désormais des fleurs locales et sans pesticides pour développer son activité de scénographie florale.

Des planches à la terre

Son prénom laissait entendre une prédisposition naturelle pour la chose végétale. Mais avant de se lancer dans la production de fleurs et la "scénographie florale", l’Octonaise Flore Liaud fut artiste marionnettiste, metteure en scène à Paris. Jusqu’à ce que les feux de la rampe ne flétrissent prématurément sa passion pour les planches. En 2019, au terme d’une reconversion salvatrice, elle se tournait alors vers le soleil du sud et la nature… pour mieux retrouver la scène ?

"J’aime utiliser mes mains pour créer et voir la magie des fleurs opérer. J’ai vraiment à cœur que les fleurs soient un moyen de création artistique". Et, contrairement au métier de fleuriste en boutique, celui de scénographe fleuriste "permet énormément de liberté, sinon, je me sens comme un lion en cage !", sourit celle qui continue de creuser un sillon artistique, hors les murs.

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Une production en accord avec ses valeurs

Elle aurait pu, simplement, acheter des fleurs pour créer ses œuvres. Mais confie sa frustration : "c’est encore aujourd’hui assez compliqué de trouver des 'fleurs éthiques'". Sans parler du bilan carbone de végétaux souvent produits dans le nord de l’Europe voire en Afrique, "elles font partie des organismes vivants les plus traités, les légumes, à côté c’est de la rigolade." Les fleurs commercialisées à grande échelle sont souvent chargées de pesticides, "toxiques, cancérigènes. On arrive à trouver une petite production française, mais elle est peu diversifiée, cela limite le champ des possibles pour faire de l’événementiel", explique-t-elle.

Il y a deux ans, "on m’a prêté un terrain sur lequel il y a de l’eau, une très bonne terre, on m’a dit : 'amuse-toi !'". Elle s’est prise au jeu, sans utiliser de pesticides. "Je prends beaucoup de plaisir à produire mes propres fleurs. Partir de la graine et prolonger le geste jusqu’à la création, en respectant mes valeurs, c’est un chemin de pensée complet, très satisfaisant. Je me suis prise de passion par ce travail de la terre et des plantes".

Variétés rares de tulipes, cosmos, zinnias, tournesols "de toutes les couleurs", célosies… À Brignac, elle donne vie à une cinquantaine d’essences très différentes. Une palette végétale qui lui permet d’imaginer des compositions sur mesure pour des mariages, des concerts, des shootings photo ou, tout simplement, pour habiller les vitrines de commerces.

L'Instant Coquelicot

Créatrice de l’entreprise "L’instant Coquelicot", elle vend aussi ses fleurs sur le marché des Arceaux, à Montpellier et va commercialiser sa production auprès de fleuristes locaux (dont Brin d’Herbe, à Canet, mais aussi à Clermont ou Lodève). Après le théâtre et les marionnettes, cette fan de la programmation du théâtre du Sillon, se plaît aujourd’hui à mettre en scène le vivant avec sensibilité et poésie.

"Je compare souvent cela au street art où les œuvres sont souvent rapidement recouvertes. On passe des heures à créer… mais représenter la nature dans un décor est assez éphémère". Un art fugitif qui raconte à la fois la fragilité et le miracle de la vie.

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