Le tribunal administratif de Toulouse rejette la demande de suspension du projet Cyclamen à Millau
Tribunal rejette la demande contre Cyclamen à Millau

Le tribunal administratif de Toulouse rejette la demande de suspension du projet Cyclamen à Millau

Le tribunal administratif de Toulouse a rendu une décision significative concernant l'implantation de l'entreprise Cyclamen à Millau, spécialisée dans le recyclage de métaux non ferreux. Saisi par l'association Vigilance environnement Millau (VEM), le tribunal a rejeté la demande des requérants qui souhaitaient suspendre le projet, estimant que les arguments avancés ne justifiaient pas une mesure d'urgence.

Les arguments des opposants au projet

L'association VEM, accompagnée du Gaec des Vals et de la Fédération pour la vie et la sauvegarde du pays des grands causses, a présenté plusieurs griefs lors de l'audience. Ils ont notamment mis en avant des inquiétudes concernant la zone de stockage des déchets, affirmant que celle-ci n'apparaissait pas sur les plans, ce qui pourrait conduire à des rejets dans la nature. De plus, ils ont souligné des vices de procédure dans le dossier d'enregistrement, pointant du doigt l'absence de certaines rubriques obligatoires et des lacunes dans les capacités techniques et financières de la SAS Cyclamen.

Les opposants ont également évoqué des précédents problématiques, comme les mises en demeure adressées à l'entreprise en Moselle en 2023 et 2025, pour soutenir leur demande d'urgence à suspendre le projet. Ils craignaient que le site millavois, décrit comme une réplique plus grande de l'installation mosellane, ne reproduise les mêmes manquements environnementaux.

La défense de Cyclamen et la position de la préfète

En réponse, la société Cyclamen s'est défendue vigoureusement, et la préfète de l'Aveyron a soumis un mémoire de défense enregistré le 23 janvier. Le tribunal a considéré que les arguments des requérants étaient insuffisants pour établir une urgence. Dans son compte rendu, il est précisé que "l'urgence n'est pas constituée, aucun élément précis n'est fourni sur les risques sérieux pour l'environnement". Concernant les déchets, le juge a estimé que les opposants "extrapolent le non-respect des prescriptions" associées à l'enregistrement.

Les raisons du rejet de la requête

Le tribunal a justifié son rejet en soulignant plusieurs éléments clés. Tout d'abord, le projet est situé dans la zone d'activités industrielles et artisanales Millau Viaduc 2, à plus de 6 km de Millau, de l'autre côté de l'autoroute A75, ce qui limite selon lui les risques immédiats pour la population. De plus, l'hypothèse selon laquelle Cyclamen stockerait des déchets dangereux non localisés et les rejetterait dans la nature n'a pas été établie.

Le tribunal a également noté que le permis de construire de l'usine n'était pas encore validé, laissant un délai suffisant pour un examen approfondi des demandes d'autorisation. Il a ajouté que rien n'empêchait les requérants de présenter une nouvelle demande de suspension si nécessaire. Ainsi, "l'urgence à suspendre l'arrêté du 12 novembre 2025 de la préfète de l'Aveyron n'est pas établie", conclut le compte rendu.

Les réactions et le contexte local

Cette décision intervient dans un contexte de mobilisation locale, avec une manifestation organisée par l'association VEM ayant réuni 170 personnes dans les rues de Millau. Les échanges lors de cet événement ont largement porté sur la décision du tribunal, rendue publique le 4 février. Malgré ce rejet, l'association continue de plaider pour un régime d'autorisation plus strict, plutôt que l'enregistrement actuel, dans le cadre des Installations classées pour la protection de l'environnement (ICPE).

Le dossier reste donc ouvert, avec des débats persistants sur la conformité environnementale et les risques potentiels pour la santé humaine. Les parties concernées attendent désormais les prochaines étapes procédurales, tandis que Cyclamen s'engage à exploiter le site dans le respect des prescriptions générales.