Municipales à Nîmes : qui s'engagera sur le pacte de transition écologique des associations ?
Nîmes : le pacte de transition écologique en attente de signatures

Municipales à Nîmes : le pacte de transition écologique en quête de signataires

La campagne électorale représente un moment crucial pour porter des revendications et inciter les candidats à intégrer des propositions concrètes dans leurs programmes. À Nîmes, six associations ont élaboré un pacte de transition sociale, écologique et démocratique, soumis aux candidats aux élections municipales. Jacques Sarda, coprésident de Nîmes en Transition, explique : "Ces 76 mesures que nous soumettons aux candidats, c’est idéalement tout ce qu’il faudrait faire pour une transition solidaire, écologique et démocratique. C’est un catalogue assez copieux mais très clair."

Un engagement sur au moins 25 mesures

Les associations, dont The Shifters, Pacte du pouvoir de vivre, Mémoire verte, le Secours catholique et AFD 30, proposent aux candidats de s'engager sur au moins 25 mesures, classées en 11 thèmes :

  • Cohésion sociale
  • Urbanisme et logement
  • Biodiversité
  • Mobilité et transports
  • Transition énergétique

Jacques Sarda souligne : "C’est aussi une façon de dire aux élus qu’il faut voir plus loin et plus exigeant que les demandes des habitants. Par exemple, la suppression des ZFE est-elle une bonne idée alors que la pollution fait toujours 160 000 morts par an ?" Les citoyens suivront la réalisation des engagements pris, assurant un contrôle public.

Un contexte moins favorable pour les thématiques écologiques

L'idée d'un pacte pour la transition a émergé lors des municipales de 2020, où quatre candidats l'avaient signé au premier tour, et Jean-Paul Fournier avant le second tour. Jacques Sarda relativise : "Il s’était engagé sur 25 % du pacte et a réalisé 40 % de ses engagements. C’est un résultat qu’on a observé aussi au niveau national." Cependant, le contexte actuel est moins propice : "On pense qu’on aura moins d’écoute. Aujourd’hui, c’est tout juste si on n’accuse pas les écolos d’être responsables du réchauffement climatique." La sécurité domine les préoccupations citoyennes et les programmes électoraux.

Une audition publique pour sonder les candidats

The Shifters, association sœur du Shift project, organise une audition publique des candidats le mercredi 18 février, de 18h à 20h, au Novotel Atria, diffusée sur YouTube. Philippe Devers, pilote dans le Gard, précise : "Ce ne sera pas un débat, chaque candidat devra répondre à cinq questions sur la vision de la transition énergétique, l'association des associations, l'offre de mobilité décarbonée, l'alimentation, et le renoncement à des projets non vertueux." Seul le RN n'a pas répondu à l'invitation.

Des mesures concrètes et une gouvernance participative

Le pacte propose des mesures accessibles, comme viser aucun abattage d'arbre sur le domaine public. Jacques Sarda insiste : "Solidarité, écologie et démocratie sont indissociables, et la question de la gouvernance est essentielle. La participation citoyenne doit être au cœur de l’action publique." Forian Messador, président de Mémoire verte, ajoute : "Les associations ne sont jamais associées ni aux projets ni au suivi des travaux. Nous proposons une expertise bénévole, ce pacte signé ne doit pas être que du verdissement des programmes mais un vrai engagement."

Des réponses attendues sous peu

Les équipes de cinq candidats travaillent sur le pacte et devraient rendre leur copie rapidement, "sauf le RN qui nous oppose un silence radio…", déplore Jacques Sarda. Nîmes, ville la plus chaude de France, vit la question de la transition, mais "elle risque d’être la cerise sur le gâteau plutôt que le cœur des programmes", redoute-t-il. Ce pacte vise à ancrer durablement les enjeux environnementaux dans la politique locale.