Getaria : joyau médiéval et port de pêche au Pays basque
Getaria : village de pêcheurs et histoire maritime

Getaria est, à juste titre, l'un des villages de pêcheurs les plus célèbres de la côte de Gipuzkoa. Un véritable coup de cœur ! La visite commence souvent par les ruelles de son centre historique. Construit sur des flancs rocheux, le centre a conservé son caractère médiéval. Depuis la place de la mairie, où trône l'une des deux statues d'Elkano du village, les rues en pente descendent vers le port, traversées çà et là de passages en escalier. Le quartier impressionne par la profusion de maisons de styles gothique, baroque et néoclassique, et particulièrement de « casa torres » (maisons-tours), symboles du prestige social de leurs propriétaires, comme celles de Ochoa et Ibanez d'Olano, accolées à l'église San Salvador.

L'église San Salvador, joyau gothique

Enchâssée entre les rues du quartier médiéval, l'église San Salvador est l'un des plus beaux témoignages d'architecture gothique de tout le Gipuzkoa. Construite entre la fin du XVe et le début du XVIe siècle sur des fondations bien plus anciennes, elle surprend par son sol incliné pour s'adapter au terrain.

Un port tourné vers la pêche

Ancien port baleinier, Getaria vit toujours au rythme de la pêche à l'anchois, au thon ou au maquereau. Son port, abrité par le mont San Antón qui protège les navires des vents d'ouest et de la houle, est même l'une des plus importantes infrastructures de pêche du Gipuzkoa. Chaque jour, petits bateaux et grands chalutiers partent pêcher dans la mer Cantabrique. S'y promener permet de voir de près cette activité essentielle, avant de rejoindre les terrasses des bars et restaurants du port, particulièrement agréables (et fréquentés) par beau temps.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Le mont San Antón, sentinelle et poumon vert

La silhouette du mont San Antón est indissociable de Getaria. Cette île, surnommée el Ratón (la souris) pour sa ressemblance avec le profil du rongeur, est reliée depuis le XVe siècle au village par un bras artificiel. Celui-ci sépare les deux plages de la ville, celle de Gaztetape, à l'ouest, fréquentée par les surfeurs, et celle de Malkorbe, à l'est, une baie aux eaux calmes protégée des vents. Le mont San Antón a joué un rôle essentiel dans le développement de Getaria, offrant un parfait point d'observation pour la chasse à la baleine qui fit la richesse du village dès le Moyen Âge. Érigé en parc naturel, il est aujourd'hui consacré à la détente, avec des sentiers pédestres et ombragés qui mènent au phare et à des belvédères sur l'océan et la côte.

Juan Sebastián Elkano, le premier circumnavigateur

Le navigateur Juan Sebastián Elkano est le premier à avoir fait un tour du monde. Son nom est partout dans le village. Getaria chérit la mémoire de son enfant devenu le premier navigateur à avoir accompli cet exploit. Car ce n'est pas Magellan mais bien le Basque (1486-1526) qui boucla la première circumnavigation du globe en 1522. Embarqué en 1519 dans l'équipage de l'explorateur, Elkano en prend les commandes à la mort de Magellan, aux Philippines, en 1521. Elkano est devenu un symbole de l'esprit d'exploration, du savoir-faire et de la détermination des marins basques.

Le musée Balenciaga

Le village a également vu naître en 1895 l'un des plus influents couturiers du XXe siècle, Cristóbal Balenciaga. Initié enfant par sa mère couturière, il se fait remarquer précocement par la marquise Bianca de Casa Torres, qui possède une résidence d'été à Getaria. Cette figure de la haute société pousse le jeune Cristóbal à persévérer dans cette voie. Balenciaga ouvre son premier atelier en 1917 à Saint-Sébastien, où il habille les grandes dames, à commencer par les reines Victoria Eugenia et Maria Cristina, avant de connaître la gloire à Paris dès les années 1930. Balenciaga repose depuis 1972 à Getaria. Le musée édifié dans un beau bâtiment contemporain attenant au palais Aldamar lui rend hommage.

Ce texte est tiré de « Euskadi, le guide du Pays basque espagnol », paru aux Éditions Sud Ouest, 15,90 €, 144 pages.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale