La Ville de Menton, confrontée à une forte tension sur le marché du logement, envisage de créer des zones réservées à la résidence principale dans le cadre de la modification de son Plan local d'urbanisme (PLU). Cette mesure, issue d'une promesse de campagne de la maire Alexandra Masson, vise à favoriser l'habitat permanent et à répondre aux difficultés des actifs à se loger.
Une application limitée aux nouvelles constructions
La mise en place de ces secteurs soumis à la servitude de résidence principale ne concernera que les bâtiments futurs, comme le précise la loi Le Meur. Les logements existants ne sont pas impactés. Concrètement, dans les zones définies, les logements devront être occupés au moins huit mois par an, garantissant ainsi une occupation permanente. Cette disposition est autorisée lorsque le taux de résidences secondaires dépasse 20 % du parc immobilier ou lorsque la taxe sur les logements vacants est applicable.
Lors du conseil municipal du 30 juin 2026, la majorité a annoncé vouloir modifier le PLU en ce sens. « On veut que dans toutes les nouvelles constructions dans les secteurs déterminés il y ait de la résidence principale exclusivement », a résumé Alexandra Masson. La ville compte actuellement 42 % de résidences secondaires, ce qui pénalise la commune dans le calcul des pénalités de la loi SRU (Solidarité et Renouvellement Urbain).
Un engagement de campagne pour inverser la tendance
« C'était un engagement de campagne fort que j'avais pris », a complété l'élue. « J'y tiens car la ville compte 42 % de résidences secondaires, ce qui nous pénalise dans le coefficient calculateur des pénalités de la loi SRU. » La délimitation précise des zones n'est pas encore connue, mais des enquêtes publiques seront lancées pour recueillir l'avis de la population et des élus.
Joanna Genovese (Renouveau mentonnais) a partagé le constat de tension sur le logement tout en regrettant que la mesure ne concerne qu'une partie des biens. « Sur le fond, nous partageons votre constat : il y a une tension réelle sur le marché du logement et la loi Le Meur offre des outils utiles. Nous regrettons simplement que cela ne concerne qu'une partie des biens. Cela ne résoudra pas tous les problèmes », a-t-elle déclaré.
Alexandra Masson a reconnu les limites de la loi Le Meur, mais estime qu'elle améliorera la situation dans certains secteurs. « La loi n'est pas parfaite, mais elle améliorera les choses sur certains secteurs de la ville », a-t-elle affirmé.
D'autres pistes évoquées par l'opposition
Cédric Monteiro (Nouvel élan pour Menton) a suggéré de s'attaquer aux 8 % de logements vacants sur la commune. « Cela nécessite un énorme travail mais il y a un axe pour récupérer des logements pour les actifs », a-t-il proposé. La maire a répondu que les successions relèvent du droit privé et que la préemption est difficile face à des indivisions longues. « Je ne suis pas sûre, hélas, que ce soit la bonne procédure », a-t-elle ajouté.
Florent Champion (Menton en action), bien que favorable à la délibération, a appelé à une réflexion plus large incluant des dispositifs fiscaux et une taxation des logements vacants.
Un calendrier prévisionnel serré
Le calendrier pour la modification du PLU prévoit un travail sur le cahier des charges jusqu'en septembre-octobre 2026, moment où la procédure devrait être lancée. « Nous sommes allés au plus vite de ce qui était faisable rapidement. On commence par la loi Le Meur et on enchaînera avec les autres mesures », a indiqué Alexandra Masson.
Le combat contre les pénalités SRU
Parallèlement, la ville cherche à réduire les lourdes pénalités imposées par la loi SRU en raison d'un déficit de logements sociaux. « Nous sommes en train de discuter avec l'État pour les diminuer », a déclaré la maire, soulignant que la géographie contrainte de Menton ne permet pas de construire le nombre requis de logements. Elle a évoqué des discussions en comité d'évaluation à la préfecture, où elle a déploré un manque d'écoute. « Des vraies solutions on en a. On va se battre pour faire en sorte que tout cela soit optimisé », a-t-elle conclu.



