Le président du groupe de luxe LVMH, Bernard Arnault, a été soumis à un redressement fiscal de près de 22,5 millions d'euros, selon une décision de la Cour administrative de Paris consultée par l'AFP. L'homme le plus riche de France et son épouse peuvent déposer un recours devant le Conseil d'État.
Détail du redressement
La décision, rendue le 2 juillet 2026, remet à la charge de Bernard Arnault et de son épouse 12,96 millions d'euros de « cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de cotisations sociales » pour l'année 2010, ainsi que 9,5 millions d'euros au titre de l'impôt de solidarité sur la fortune pour les années 2012 à 2015.
Antécédents judiciaires
En décembre 2020, le tribunal administratif de Paris avait accepté la demande du couple de décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de restitution de l'impôt sur la fortune pour la période 2012-2015. Cependant, le ministre de l'Économie et des Finances avait demandé en novembre 2023 à la Cour administrative d'appel d'annuler ce jugement, ce qui a conduit au redressement actuel.
Le montage contesté
Selon le média en ligne l'Informé, qui a dévoilé la décision, l'affaire porte sur « l'actionnariat complexe » de LVMH. La famille Arnault n'est pas présente directement au capital du groupe de luxe, mais via une cascade de holdings. « Tout en haut de cette pyramide se trouve une société belge, Pilinvest », qui permet à la première fortune de France de réduire sa déclaration d'impôts.
Ce mécanisme a été expliqué l'an dernier par l'économiste Gabriel Zucman, qui a souligné que « les revenus perçus par les holdings sont immédiatement fiscalisés, comme s'ils avaient été perçus directement par les personnes qui les contrôlent ». En 2024, Bernard Arnault a touché environ 3 milliards d'euros de dividendes LVMH, selon Zucman. Le milliardaire avait qualifié ce dernier de « militant d'extrême gauche » pour sa proposition de taxe sur les plus hauts patrimoines.
Réaction de LVMH
Joint par l'AFP, le groupe LVMH n'avait pas encore réagi ce samedi après-midi. Le redressement fiscal de 22,5 millions d'euros marque une étape importante dans ce litige fiscal, qui pourrait encore être porté devant le Conseil d'État.



