Une stratégie sans loi ni budget supplémentaire
Quinze mesures déclinées en trois axes : telle est la nouvelle stratégie gouvernementale pour améliorer l'insertion des jeunes sur le marché du travail. Sans passer par la loi ni mobiliser de nouveaux crédits, le ministère du Travail mise sur un ajustement des dispositifs d'orientation et d'emploi pour doper l'entrée des étudiants sur le marché du travail. Ces annonces interviennent moins d'un mois après le décès d'un lycéen dans le Gard lors d'un stage d'observation dans une entreprise du BTP.
Un paradoxe français
Cette stratégie interministérielle procède du constat d'un « paradoxe français », combinant taux de diplômés élevé, temps moyen d'insertion sur le marché du travail plus long que dans d'autres pays européens et proportion de « NEET » (jeunes ni scolarisés, ni en emploi ni en formation) également élevée, explique-t-on au ministère du Travail. Pour élaborer cette stratégie, les ministères concernés (Travail, Enseignement supérieur, Sports et Jeunesse) affirment avoir consulté les acteurs de l'insertion professionnelle des jeunes (France Travail, les missions locales, les écoles de la seconde chance) et dialogué avec les organisations syndicales et patronales.
Trois axes d'action
Les 15 mesures présentées se déclinent en trois axes : mieux orienter les jeunes et les sensibiliser aux métiers qui recrutent (défense, nucléaire, médico-social), les rapprocher de l'entreprise tout en renforçant la sécurité au travail et, enfin, anticiper les ruptures de parcours et accompagner de manière intensive ceux qui en ont besoin.
Un InserScore pour guider les choix
Parmi les mesures prévues, la création d'un « InserScore » - un indicateur des débouchés - pour l'ensemble des formations professionnelles initiales (pourcentage des jeunes en emploi à l'issue d'une formation, salaire médian) afin d'aider les jeunes à faire des « choix éclairés ». L'accès des étudiants ou apprentis ayant interrompu leurs études ou leur contrat à des formations « courtes et professionnalisantes » doit être favorisé, par exemple via les Préparations opérationnelles à l'emploi de France Travail.
Valoriser les entreprises engagées
Le plan prévoit aussi de « valoriser les entreprises qui s'engagent pour favoriser des jobs étudiants de qualité », avec probablement la signature d'une charte. Pour les jeunes NEET, il entend favoriser les stages et mises en situation professionnelles lors de l'accompagnement par les missions locales et « co-construire avec les branches professionnelles des parcours adaptés aux besoins des territoires et des filières ».
Renforcer le mentorat
Le mentorat et le parrainage vers l'emploi doivent aussi être renforcés, en ciblant les publics les plus vulnérables, comme les jeunes sortant de l'Aide Sociale à l'Enfance ou handicapés. Si ce plan peut être mis en place sans budget supplémentaire dans l'immédiat, le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou entend faire de la jeunesse la priorité de son administration pour le budget 2027, explique-t-on au ministère.



