Robert Ménard : « Il faut dépoussiérer la communication des villes taurines »
Robert Ménard veut dépoussiérer l'UVTF

Robert Ménard prend la tête de l'Union des villes taurines françaises

Le maire de Béziers, Robert Ménard, deviendra président de l'Union des villes taurines françaises (UVTF) le 2 juin prochain, étant le seul candidat en lice. Dans un entretien accordé à Midi Libre, il expose sa vision pour défendre la tauromachie et moderniser l'image des villes taurines.

Pourquoi vouloir présider l'UVTF ?

Robert Ménard explique : « On peut défendre la tauromachie sans l'aimer, même si j'assiste aux corridas à Béziers depuis 40 ans. Elle a le droit de vivre et les passionnés sont des gens respectables. » Il insiste sur le droit à la différence et la liberté culturelle, estimant que la « tribu » des aficionados mérite d'être protégée. Pour lui, le sujet n'est pas la tradition en soi, car certaines traditions ne sont pas respectables et doivent cesser.

L'importance de sa fonction de maire

« La tauromachie est dans l'ADN de notre territoire », affirme-t-il. Une feria sans corrida n'est plus une feria, selon lui. Même si seule une minorité des un million de participants assiste à la corrida, le toro irrigue ces cinq jours de fête. Il rappelle avoir déjà postulé à la présidence de l'UVTF à son arrivée à la mairie, mais certains maires l'avaient jugé trop à droite. Aujourd'hui, son nom a été validé à l'unanimité, ce qui traduit un changement d'air du temps et de regard sur Béziers. « J'ai certainement un discours moins polémique », ajoute-t-il.

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Une communication à dépoussiérer

Robert Ménard reconnaît que son accès aux médias est un atout : « Mon accès aux médias est plus important que celui des autres maires des villes taurines. » Il admet que cette mission n'est pas populaire : « Cela braque 75 % des Français. Y compris dans nos villes taurines, une majorité veut certainement interdire la corrida. » Il critique le manque d'engagement de certains maires lors de l'épisode Caron à Paris. « On ne peut pas mener que des combats faciles », souligne-t-il.

Il prône une communication plus nuancée : « J'ai un avantage car je reconnais que la corrida pose des problèmes et que le toro peut souffrir. C'est une tradition rude qui peut interpeller. Mais ce n'est pas un lieu où on déteste les animaux. » Il souhaite « dépoussiérer l'UVTF » et faire évoluer l'image des villes taurines. « Il faut s'adresser aux gens qui n'aiment pas la corrida pour la défendre », dit-il, ajoutant que des personnes travaillent déjà sur cet aspect.

Nîmes et Simon Casas

Le futur président espère que Nîmes réintègre l'UVTF : « Je compte discuter avec le maire de Nîmes, même si on a des idées politiques différentes. Nîmes sans la corrida ne serait pas cette ville qu'on aime. » Il évoque aussi ses liens amicaux avec Simon Casas : « Il a un talent et une histoire incroyables. J'écoute ses conseils avec attention. Il incarne la tauromachie et je lui dirai qu'il a toute sa place comme ami de l'UVTF. »

Face aux attaques futures

Robert Ménard est lucide : « De nouvelles attaques vont arriver. » Il encourage ses amis à venir aux arènes comme un acte de résistance contre l'uniformisation du monde. Il ironise : « Il faut protéger Aymeric Caron ! Il a aidé la tauromachie ! » Il appelle l'UVTF à se réunir sans exclusive politique et à se préparer aux prochaines attaques, car une règle implicite veut que les ministres en exercice ne viennent plus aux corridas.

La TVA et les finances

Un sujet majeur pour l'UVTF est la TVA et les difficultés financières des arènes privées du Sud-Est. « Il existe un déséquilibre injustifié entre les arènes en régie, qui ne paient pas la TVA, et celles comme Nîmes, Arles ou Béziers qui en paient 20 %. » Il craint que ce combat soit perdu d'avance, car aucun ministre ne prendra le risque politique de réduire la TVA à 5,5 % sur la corrida. « On risque d'ouvrir la boîte de Pandore et de pénaliser les villes en régie qui n'en paient pas pour leurs six premiers spectacles. »

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Transparence et durée des corridas

Interrogé sur la transparence de l'UVTF, il répond : « Je n'aurai aucun problème à rendre public les comptes de l'UVTF. J'ai montré sans scrupule mes salaires à la télé. » Quant à la durée des corridas, il estime que les spectacles sont trop longs et propose d'organiser certaines corridas avec quatre toros pour réduire le prix des places et s'adapter aux jeunes générations. « Il n'y a pas de tabous et le règlement peut évoluer. Il n'est pas sacré. » Il conclut en évoquant les évolutions passées : « Imaginerait-on encore des corridas avec plusieurs chevaux tués à chaque corrida comme avant le caparaçon ? »