Présentée ce lundi 18 mai, l'exposition « Fouilles » du musée d'Anthropologie préhistorique de Monaco (MAPM) propose une immersion en photos dans les coulisses des recherches menées dans la grotte de l'Observatoire, nichée sous le Jardin Exotique. Ouverte à tous, elle est à découvrir dans la galerie des Pêcheurs jusqu'au 28 juin.
Une exposition au cœur de la recherche archéologique
Jusqu'au 28 juin, la galerie des Pêcheurs accueille « Fouilles », une exposition photographique proposée par le MAPM. À travers les clichés du photographe antibois Stéphane Gamelin, les visiteurs sont plongés au cœur de la grotte de l'Observatoire, où des recherches archéologiques ont été menées. L'exposition dévoile une discipline scientifique en action, en dehors de l'enceinte du musée. « C'est important de montrer que nos activités sont diversifiées et concrètes », explique Elena Rossoni-Notter, directrice du musée.
C'est à la suite de la rencontre entre Elena Rossoni-Notter et Stéphane Gamelin lors d'un salon du livre que le projet a pu se mettre en place.
La rencontre entre l'art photographique et l'archéologie
Pour le musée, cette exposition permet de rendre visible ce qui reste habituellement dans l'ombre : le travail régulier des chercheurs. « C'est un musée laboratoire de recherche », détaille la directrice. Le responsable des fouilles dans la grotte, par ailleurs chercheur en archéologie, Olivier Notter, a expliqué ce processus lors de la présentation de l'exposition. « Nous trions nos découvertes, nous les répertorions, puis nous les envoyons vers des spécialistes pour des analyses, en utilisant par exemple la visualisation 3D. »
« Sur place, j'ai essayé de capter toute la patience et la précision que l'équipe doit avoir sur ce genre de fouilles », précise le photographe Stéphane Gamelin. Ce dernier explique que son souhait au quotidien est de « découvrir et apprendre, quel que soit le sujet », c'est pourquoi il a proposé à Elena Rossoni-Notter de suivre l'équipe de fouilles avec son appareil photo le temps d'une journée en janvier.
Un photographe acteur de terrain
Au cœur de l'exposition, les clichés réalisés dans la grotte monégasque du Jardin Exotique occupent une place centrale, en illustrant la réponse à la question : comment s'effectuent les fouilles ? Le lieu et son occupation par les premiers « habitants » de la future Principauté pourraient dater d'environ 200 000 à 250 000 ans. Pour analyser et essayer de comprendre comment ces derniers vivaient, aucun risque n'est pris sur le site de fouilles. Alors, pour ne pas fausser les restes observables et les potentielles découvertes de trésors archéologiques, Stéphane Gamelin s'est intégré à l'équipe.
« J'ai enfilé le casque de protection, mais aussi des vêtements usés. J'ai aussi pris plusieurs lampes torches pour avoir un minimum de lumière », explique le photographe. Certains clichés montrent la précision extrême avec laquelle les équipes du musée analysent les trouvailles.
Il a aussi détaillé la posture qu'il a adoptée sur place pour capturer « in vivo », d'après Olivier Notter, la vie de la recherche. « J'étais à la fois un membre de l'équipe, je peux le dire, j'ai remonté les lourds seaux de sédiments (rires), mais j'étais aussi un observateur discret, parfois en retrait pendant les moments de concentration », raconte Stéphane Gamelin. L'artiste explique comment il a pu capturer des moments au plus proche des fouilles : « je n'ai pas hésité à ramper et même à placer l'objectif au plus près des pinceaux. Je voulais être l'objet qu'on découvre », image le photographe. Une approche qui a plu aux équipes du musée et transformé progressivement le projet initial en une collaboration concrète avec la mise en place de cette exposition.
Une archéologie contemporaine rendue visible
Avec « Fouilles », le MAPM propose une lecture réactualisée contrebalançant l'imaginaire des recherches. « Nous ne sommes pas Indiana Jones, le trésor que nous recherchons, il est scientifique », rappelle Olivier Notter. En plaçant le geste des chercheurs au cœur des circuits touristiques de la galerie des Pêcheurs, les clichés de Stéphane Gamelin éclairent les travaux réalisés sur un site, « qui, pour les photos comme dans sa visibilité auprès de tous, est parfois sous-exposé », sourit le photographe.
Exposition « Fouilles » dans la galerie des Pêcheurs, jusqu'au 28 juin. Entrée gratuite.



