Harcèlement scolaire : une lycéenne de Montrouge témoigne de son calvaire
Harcèlement scolaire : une lycéenne de Montrouge témoigne

Messages odieux sur TikTok, agression filmée et diffusée

Solène (prénom modifié), lycéenne de 17 ans scolarisée au lycée Maurice-Genevoix à Montrouge (Hauts-de-Seine), a longtemps gardé le silence face au harcèlement qu'elle subit depuis juillet 2025. Tout a commencé par des moqueries et des insultes sur TikTok, où elle était traitée de « pute », de « salope », menacée de viol et même d'incitation au suicide. À la rentrée de septembre, les tensions se sont intensifiées car les harceleurs se trouvaient dans la même classe. Solène était régulièrement filmée à son insu, humiliée et brimée, et les vidéos étaient diffusées sur les réseaux sociaux.

Une agression physique devant le lycée

Le 17 mars 2026, après un cours de sport où des ballons de basket étaient lancés délibérément pour lui faire mal, Solène a été prise à partie par deux jeunes filles devant l'établissement. Elle s'est défendue, a reçu des coups, et un surveillant a dû intervenir. La scène a été filmée et partagée en ligne. Le soir même, elle a déposé plainte. Les urgences médicojudiciaires lui ont prescrit deux jours d'ITT et une dispense d'école de dix jours, accompagnée d'anxiolytiques.

L'inaction de l'établissement dénoncée

La mère de Solène a demandé un rendez-vous d'urgence avec le proviseur dès le lendemain, mais n'a obtenu de réponse qu'après l'envoi d'un courrier recommandé par l'avocate, Me Élisa Pelenc. Cette dernière dénonce « l'inaction » de l'établissement et lui reproche de ne pas avoir déclenché le programme pHARe de lutte contre le harcèlement scolaire, ou de l'avoir fait trop tard. Selon l'avocate, la parole de l'élève doit être recueillie lors d'entretiens, et non par un simple récit écrit comme cela a été demandé à Solène. Une procédure administrative d'urgence a été engagée pour obtenir le changement de classe des présumés harceleurs.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Réponse des autorités éducatives

La direction des services départementaux de l'Éducation nationale (DSDEN) affirme que la situation a été prise « très au sérieux » dès qu'elle a été connue, et que la famille a été reçue rapidement. Elle indique que des mesures disciplinaires ont été prises le 19 mars et que le protocole pHARe a été mis en œuvre. Cependant, l'avocate conteste cette version et souligne que la procédure n'a pas été respectée.

Le souhait de la lycéenne : changer d'établissement

Solène, qui témoigne pour que justice soit faite, exprime le souhait de changer de lycée pour ne plus être en contact avec ses harceleurs. L'enquête judiciaire ouverte après sa plainte est toujours en cours, selon le parquet de Nanterre. Son avocate espère que ce témoignage permettra de sensibiliser sur les lacunes dans la prise en charge du harcèlement scolaire et d'inciter les établissements à agir plus rapidement et efficacement.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale