La notion de métapolitique, empruntée au philosophe marxiste Antonio Gramsci, est aujourd'hui détournée par la droite réactionnaire pour mener une offensive dans le champ culturel. Ce concept, qui désigne la lutte pour l'hégémonie culturelle, vise à transformer les idées dominantes avant de conquérir le pouvoir politique.
Une stratégie d'influence à long terme
Contrairement à une action politique directe, la métapolitique agit sur les représentations, les valeurs et les discours. Elle cherche à modifier le sens commun, à faire accepter des idées qui paraissaient auparavant marginales. Cette approche, théorisée par des intellectuels de droite, s'inspire directement des écrits de Gramsci sur l'hégémonie culturelle.
Les vecteurs de l'offensive
Les médias, l'édition, les universités, les think tanks et les réseaux sociaux sont les principaux terrains de cette bataille. Des figures comme Éric Zemmour ou Alain de Benoist ont popularisé cette stratégie, qui consiste à occuper l'espace public avec des idées nationalistes, identitaires et anti-égalitaires.
- Multiplications de publications et de colloques
- Présence accrue dans les médias grand public
- Financement de chaires universitaires et de fondations
Un concept controversé
Pour ses détracteurs, la métapolitique est un cheval de Troie de l'extrême droite dans les institutions culturelles. Ils dénoncent une tentative de légitimation d'idées racistes et xénophobes sous couvert de débat d'idées. Cependant, ses partisans affirment qu'il s'agit simplement de renouveler le conservatisme en lui donnant une dimension intellectuelle.
Cette offensive métapolitique interroge sur la perméabilité de la culture aux idéologies réactionnaires. Elle révèle aussi les failles d'un système intellectuel qui, en quête de nouveauté, peut se laisser séduire par des thèses radicales.



