Le dernier week-end de juin, l'amphithéâtre romain du Pont-Vieux de Béziers a accueilli la troisième édition du festival des Lunes Bleues, un événement créé par les frères Jean-Baptiste et Gabriel Tur. Originaires de Béziers, ils ont fondé leur compagnie "Le Grand Cerf Bleu" après des études de théâtre à Paris et Montpellier. Leur premier spectacle "Non, c'est pas ça !" a remporté le prix du public au Festival Impatience de Paris en 2016, leur offrant une reconnaissance nationale.
Un festival né d'une volonté de décentralisation
Jean-Baptiste Tur explique : "Avant de créer la compagnie, on avait fait un festival tourné vers la musique qui s'appelait 'La Fabrique', et Les Lunes Bleues sont une continuation de ça. Pour nous, il n'y a pas de différence entre la création d'un spectacle et celle d'un festival. Ce qui nous a donné l'impulsion de le faire, c'est de voir à Béziers tout un circuit de propositions culturelles alternatives. C'est une nouvelle forme de décentralisation, qui consiste non seulement à sortir les spectacles de Paris, mais aussi à les amener vers de nouveaux publics."
Une programmation pluridisciplinaire et participative
Parmi les temps forts de cette édition : une représentation théâtrale par des habitants du quartier intitulée "Comment sauver l'amour", mise en scène par Jean-Baptiste Tur, où adultes et enfants jouaient aux côtés de la comédienne Anna Bouguereau. Les habitants ont également participé à un loto animé par La Croustade, une drag-queen occitane, et assisté à l'avant-première du spectacle "Spunk !" ainsi qu'à un concert du groupe de rock montpelliérain Mata Hari, qui sortait d'une tournée européenne. Chaque soirée s'est terminée sur la piste de danse avec des sets électro de DJ.
Un bilan positif et des perspectives d'avenir
Le festival a comptabilisé 1 250 visiteurs cette année, avec des recettes doublées par rapport aux années précédentes (entrée à prix libre). "Le bilan est très positif pour nous. De plus en plus de gens nous connaissent, notamment des habitants du quartier qui reviennent chaque année. Il y a aussi un noyau dur de bénévoles, qui s'accroît avec de nouvelles personnes", apprécie Jean-Baptiste Tur. Fort de ce succès, la quatrième édition est déjà en cours de réflexion. Elle aurait lieu le premier week-end de juin 2027, avant les canicules, et s'étendra possiblement sur trois jours. Une nouvelle création théâtrale autour de la mémoire des quartiers est également en cours avec l'association La Spire.



