Le Comité international olympique (CIO) a annoncé ce mardi 7 juillet 2026 la réintégration progressive des athlètes russes dans les compétitions internationales, à compter des Jeux olympiques d'hiver de Milan-Cortina 2026. Toutefois, ils concourront sous bannière neutre, sans drapeau ni hymne national, une décision qui suscite des réactions contrastées.
Une décision attendue mais encadrée
Selon un communiqué du CIO, cette mesure concerne les athlètes n'ayant pas activement soutenu la guerre en Ukraine et n'étant pas liés aux forces armées russes. Le président du CIO, Thomas Bach, a déclaré : « Nous devons respecter les droits des athlètes à participer, mais aussi les principes de neutralité et de paix. » La décision s'applique également aux athlètes biélorusses, dans les mêmes conditions.
Les athlètes russes avaient été exclus de la plupart des compétitions internationales depuis l'invasion de l'Ukraine en février 2022. Le CIO avait initialement recommandé leur exclusion, mais des pressions croissantes de certaines fédérations sportives et de pays non-alignés ont conduit à un assouplissement.
Des conditions strictes pour une réintégration
Pour être éligibles, les athlètes devront passer par un processus de vérification individuelle mené par une commission spéciale du CIO. Les critères incluent l'absence de soutien public à la guerre, l'absence de contrats avec l'armée russe et le respect des règles antidopage. Selon le CIO, environ 60 % des athlètes russes initialement exclus pourraient être réintégrés, soit près de 200 sportifs.
Cette décision a été prise après des consultations avec les fédérations internationales, les athlètes et les comités olympiques nationaux. Le CIO précise que les athlètes russes et biélorusses ne pourront pas participer aux cérémonies d'ouverture et de clôture, ni utiliser les symboles nationaux.
Des réactions mitigées dans le monde sportif
L'Ukraine a vivement critiqué cette décision. Le ministre ukrainien des Sports, Vadym Goutzeit, a déclaré : « Le CIO fait un cadeau à Poutine en normalisant la participation russe. » Plusieurs athlètes ukrainiens ont menacé de boycotter les JO si des Russes y participent.
À l'inverse, la Russie a salué une « décision pragmatique », tout en regrettant le maintien des restrictions sur les symboles nationaux. Le président du Comité olympique russe, Stanislav Pozdniakov, a estimé que « c'est un pas vers la normalisation, mais nous continuerons à défendre le droit de nos athlètes à porter nos couleurs. »
Un précédent pour les Jeux de Paris 2024 ?
Cette décision pourrait servir de modèle pour les Jeux olympiques d'été de Paris 2024, où la question de la participation russe reste en suspens. Le CIO a indiqué qu'il évaluera la situation d'ici la fin de l'année 2023. En attendant, les athlètes russes pourront participer aux qualifications sous conditions.
Les fédérations internationales de sports d'hiver, comme la Fédération internationale de ski (FIS) et l'Union internationale de patinage (ISU), ont déjà annoncé qu'elles se conformeraient à la décision du CIO. Les premières compétitions avec des Russes neutres pourraient avoir lieu dès la saison 2023-2024.



