Disparition des statues de Patrick Montalto à La Londe-les-Maures
Où sont passées les statues de Patrick Montalto ?

Où sont passées les statues de Patrick Montalto à La Londe-les-Maures ?

Quatre œuvres monumentales de l’artiste varois Patrick Montalto, pourtant offertes à la Ville, ont récemment disparu du paysage de La Londe-les-Maures. Contrairement à certaines rumeurs, ce retrait n’est pas imputable à la nouvelle majorité municipale, qui serait hostile à la culture. Le maire Dorian Munoz (RN) a réagi avec franchise : « Beaucoup m’ont félicité, mais je n’y suis pour rien. » Il précise n’avoir « pas d’avis esthétique particulier sur ces œuvres ».

Un don sous conditions

Rappelons que quatre des statues avaient été offertes par l’artiste à la Ville à l’été 2023, sous l’ancienne municipalité de Nathalie Bicais. Une cinquième, le Minotauros, avait seulement été prêtée et avait déjà quitté son emplacement devant le casino fin 2024. Les quatre autres ont été embarquées le 9 avril par Patrick Montalto lui-même, aidé par les services municipaux, direction son atelier à La Londe.

Les raisons du retrait

Contacté, l’artiste assure avoir été sommé de les enlever par courrier recommandé de Joseph Minniti, successeur de Nathalie Bicais (devenue inéligible). Il affirme n’avoir reçu aucune explication officielle et ne veut « mettre personne dans l’embarras ». Interrogé, Joseph Minniti explique : « En 2023, Mme Bicais avait signé une convention avec M. Montalto qui comprenait le prêt d’une statue et le don de quatre autres. Lorsque j’ai pris mes fonctions en mai 2025, le service juridique de la Ville m’a mis en garde : la convention n’était pas sécurisée pour la commune, qui devait les assurer, en assumer l’entretien, la garde et n’avait aucun droit moral. » L’ancien magistrat ajoute : « J’ai donc demandé la résiliation de cette convention afin que l’artiste puisse récupérer ses œuvres. Mon mandat était trop court pour la renouveler, et il n’était pas question de laisser un dossier à risque à mon successeur. »

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Dorian Munoz confirme : « Cette convention a été montée avec les pieds et n’a même pas fait l’objet d’une délibération en conseil municipal. Jo Minniti s’est rendu compte que ces dons allaient coûter plus d’argent que prévu, en droits d’auteur, en entretien… Il l’a donc résiliée. C’est un peu triste, mais bon… »

L’artiste déçu mais pas rancunier

« Carrément dommage », soupire Patrick Montalto, qui souhaitait « ramener du beau à La Seyne et soutenir la politique d’art particulièrement visible de Nathalie Bicais », une « amie et collègue sculptrice de longue date ». Il minimise les droits d’auteur et compare l’entretien à celui d’une carrosserie de voiture. Malgré tout, il assure que son « offre » tient toujours, même si « c’est du travail de trimballer ces grosses pièces ». Beaucoup de citoyens jugeaient que ces œuvres avaient toute leur place et participaient à la diffusion de la culture.

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