Le parquet de la cour d'appel de Versailles a requis, lundi 4 mai 2026, trois ans de prison dont un an ferme contre Dominique Boutonnat, ancien président du Centre national du cinéma et de l'image animée (CNC), pour l'agression sexuelle de son filleul en 2020. L'audience s'est tenue en présence de l'accusé, qui conteste les faits malgré une condamnation initiale en première instance en 2024.
Les faits reprochés
Les faits remontent à août 2020, lors de vacances en Grèce dans la maison de campagne de Dominique Boutonnat. Le filleul, alors âgé de 20 ans, accuse son parrain d'avoir tenté de le masturber dans son lit après une baignade nue dans la piscine. Selon le jeune homme, il aurait ensuite masturbé son parrain dans sa chambre pour le faire cesser de le toucher. Dominique Boutonnat reconnaît avoir pris une photo de son filleul nu à la sortie de la piscine, mais affirme qu'il visait le paysage. Il admet également des baisers dans la chambre, mais les présente comme consentis et initiés par le jeune homme.
La position de l'accusation
L'avocate générale a souligné la "posture de déni" de Dominique Boutonnat, qui persiste à nier les actes sexuels non consentis. Elle a requis une peine de trois ans de prison, dont un an ferme, ainsi que le maintien de l'interdiction d'exercer toute fonction en lien avec le cinéma. L'accusation a également mis en avant un enregistrement réalisé par le filleul quelques jours après les faits, dans lequel Dominique Boutonnat reconnaît des actes "de sa faute" tout en niant leur caractère sexuel. Pour l'accusation, cet enregistrement montre une tentative de minimiser les faits.
La défense de Dominique Boutonnat
Les avocates de Dominique Boutonnat, Mes Delphine Meillet et Céline Lasek, ont plaidé l'ambiguïté de la relation entre le parrain et son filleul. Elles ont insisté sur le fait que les actes étaient consentis, qualifiant la nuit des faits d'"extrêmement volatile" mais consensuelle. L'enregistrement a été présenté comme une tentative de déculpabiliser le jeune homme par "excès d'empathie", sans savoir qu'il était enregistré. La défense a également relevé que la meilleure amie du filleul, qui écoutait l'appel, avait encouragé ce dernier en lui disant que son parrain n'était "pas un boyfriend", ce qui, selon elle, démontre une relation trouble.
Le contexte et les conséquences
Dominique Boutonnat, figure influente du cinéma français, avait démissionné du CNC après sa condamnation en 2024. Le CNC est notamment chargé de la prévention des violences sexuelles dans l'industrie cinématographique. Sa condamnation a suscité de vives réactions dans le milieu du cinéma, avec des appels à son départ dès 2023, notamment de la part de Judith Godrèche et de plusieurs collectifs.
La décision de la cour d'appel a été mise en délibéré au 22 juin 2026. Dominique Boutonnat reste présumé innocent jusqu'à cette date.



