Le professeur de droit et constitutionnaliste Dominique Rousseau a lancé un défi à ses étudiants : rédiger la constitution la plus démocratique du XXIe siècle, en compétition avec l'intelligence artificielle ChatGPT. Cette expérience, devenue une tradition à l'Université de Montpellier, a opposé huit étudiants en Master 2 à l'IA.
Une confrontation entre intelligence humaine et artificielle
Pour la troisième année consécutive, Dominique Rousseau a confronté un groupe d'étudiants à ChatGPT. En 2023-2024, il s'agissait d'une charte des droits de l'homme, puis en 2024-2025 d'une charte des droits de la nature. Cette année, le défi portait sur une constitution démocratique. Alors que ChatGPT a rendu son travail en une minute, les étudiants ont planché pendant un mois.
Les étudiants privilégient une approche nuancée
Les étudiants ont choisi de ne pas adhérer à une seule doctrine démocratique, mais d'articuler les différentes formes de démocratie (représentative, directe, libérale) pour en tempérer les défauts. Leur projet privilégie une organisation fédérale de l'État, le vote alternatif à second tour instantané, le référendum d'initiative populaire et une liste de droits fondamentaux. Selon eux, l'IA reste superficielle et ne crée pas, elle se contente de reproduire ce qui existe déjà.
L'IA, un outil utile mais limité
Les étudiants reconnaissent que ChatGPT est un outil pertinent pour trouver des sources, mais il manque de profondeur. Ils soulignent que l'IA commerciale cherche à satisfaire l'utilisateur, ce qui peut mener à des contradictions. Cependant, ils notent aussi ses points forts : accessibilité du langage, capacité à combiner des idées de traditions variées et sérieux dans le raisonnement.
Un travail prometteur
Dominique Rousseau a annoncé son intention de publier le travail des étudiants, estimant qu'il mérite d'être connu et diffusé. L'expérience sera renouvelée en 2027 avec un nouveau défi.



