Jonathan Cortes, Seynois vice-champion d'Europe de jiu-jitsu brésilien
Un Seynois vice-champion d'Europe de jiu-jitsu brésilien

Un Seynois vice-champion d'Europe de jiu-jitsu brésilien

Pour sa première participation aux championnats d'Europe de jiu-jitsu brésilien, l'une des trois plus grandes compétitions du circuit mondial de la discipline, Jonathan Cortes a décroché une prestigieuse deuxième place en janvier dernier à Lisbonne. Celui qui officie aussi comme kinésithérapeute, notamment auprès de l'Union sportive seynoise, raconte son parcours exceptionnel.

Un exploit continental pour sa première participation

« Il fallait que je la fasse. C'était le bon moment », explique Jonathan Cortes à propos de la compétition qui l'a vu devenir le deuxième meilleur « jiujiteiro » du continent dans sa catégorie d'âge (Master 2), de poids (–70 kg) et de niveau (ceinture bleue) le 15 janvier 2026 à Lisbonne.

Le Seynois de 35 ans revient sur son parcours, quasi sans faute, de son arrivée dans la capitale portugaise quelques heures avant sa première confrontation jusqu'à l'ultime marche de son aventure européenne : « J'avais trois combats pour arriver jusqu'en finale. En huitième, quart et demi, je gagne par finalisation (arrêt sur abandon de l'adversaire). »

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Avant de poursuivre : « En finale, j'affronte un Français, très fort techniquement. Sur une tentative d'amener au sol, je me rate un peu et il arrive à me prendre deux points. La suite du combat est assez serrée, je lui reprends deux points de renversement, lui aussi et ça se termine comme ça. »

Une performance d'exception dans un sport exigeant

S'il était forcément « déçu que ça ne se soit pas joué à grand-chose », il assure être « content d'être allé jusqu'en finale. » Jonathan Cortes n'est pas du genre à extrapoler, mais sa performance mérite d'être soulignée.

Pour ceux qui ne seraient pas familiers du jiu-jitsu brésilien, c'est un sport de combat de préhension où les coups sont proscrits. Deux personnes s'affrontent pendant cinq minutes dans la catégorie de Jonathan Cortes, avec pour objectif de dominer son adversaire par des positions spécifiques ou de le soumettre via un arsenal de clés articulaires ou d'étranglements.

Les championnats d'Europe représentent la troisième compétition la plus importante à travers le monde dans cette discipline, ce qui donne toute sa dimension à l'exploit du Seynois.

Le combat dans le sang et un équilibre de vie

Au-delà de son apparent calme, Jonathan Cortes doit son flegme à un subtil mélange entre une vie passée à combattre sur des tatamis, des rings et même des cages à travers le monde, et un quotidien aujourd'hui partagé entre son rôle de jeune papa et son métier de kinésithérapeute.

Issu d'une « famille de judoka », avec un frère jumeau et une petite sœur ceintures noires, mais aussi un père professeur de judo, il a également pratiqué le rugby comme « ailier, centre ou arrière », s'est initié à la boxe pieds-poings et au MMA (Mixed Martial Arts), discipline dans laquelle il a même fait « quelques combats » en Espagne.

C'est d'ailleurs lors de ces années passées de l'autre côté des Pyrénées qu'il découvre le jiu-jitsu brésilien. « J'avais 23 ans, j'ai fait quelques compétitions puis j'ai un peu stoppé en revenant en France », se souvient-il.

Retour aux sources et engagement local

Après avoir voyagé de « la montagne à la mer » de l'Espagne à La Réunion, de Briançon à la Guadeloupe, Jonathan Cortes est finalement rentré s'établir sur ses terres : « Je me suis installé avec mon frère dans l'ancien local de judo de mon père, qu'on a transformé en cabinet de kiné », à deux pas du stade Marquet.

Tout un symbole pour cet ancien jeune joueur du club de rugby de l'Union sportive seynoise. Une histoire d'amour avec le club rouge et bleu qu'il poursuit aujourd'hui, « quelques jours par semaine », en venant faire de la « bobologie et des straps » pour l'effectif de Nationale 2 seynois lors « des matchs à domicile. »

« Les entraîneurs Gérald (Le Strat) et Sonny (Falconetti) sont des amis d'enfance depuis la maternelle. On avait discuté pour que j'intègre le staff médical et ça fait trois ans et demi maintenant que j'y suis », détaille Jonathan Cortes.

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Une approche mesurée de la compétition future

Sa profession médicale l'aide aussi dans sa propre pratique sportive : « Tu développes une capacité à sentir ce qui ne va pas dans ton corps, à savoir où c'est et de réguler en fonction. »

Entre l'éducation de son fils, sa vie sociale, son emploi en cabinet ou sur le terrain et son parcours de compétiteur, Jonathan Cortes a su se bâtir un écosystème dans lequel il se « sent bien ».

S'il imagine se relancer dans un nouveau défi en compétition ? Il préfère laisser venir : « Quand c'est programmé depuis longtemps, ça peut te bloquer des trucs que tu as envie de faire, sur certains week-ends. Je n'ai plus envie de tout ça. Si j'y retourne, ce sera sur un coup de tête, je veux le faire pour le plaisir. »