Pau en difficulté à l'extérieur : l'avance fond face au Stade Français et Bordeaux-Bègles
La fonte de l'avance de Pau sur ses rivaux directs est la conséquence directe d'une baisse de rendement inquiétante à l'extérieur depuis le début de la phase retour. Cette situation est préoccupante à l'aube de déplacements cruciaux à Bayonne ce samedi et au Stade Français la semaine suivante.
Un calcul élémentaire qui explique l'évaporation de la marge
Le calcul est élémentaire et explique presque à lui seul l'évaporation de la marge dont disposait le dauphin palois sur ses poursuivants à l'issue de la phase aller. Pau avait alors +7 points sur Toulon (3e) et +12 points sur le Stade Français, Bordeaux et Bayonne (respectivement 4e, 5e et 6e).
En ne prenant qu'un seul point en quatre déplacements (Lyon, Toulouse, Perpignan, La Rochelle) depuis le début de la seconde moitié du Top 14, Pau a favorisé le retour à hauteur du Stade Français et de l'Union Bordeaux-Bègles. Ces deux clubs sont désormais 3e et 4e avec 59 points, exactement comme Pau qui occupe la 2e place.
Les trois petites victoires sèches obtenues à domicile n'ont pas suffi à endiguer cette tendance négative. Dans ce contexte, la moyenne de points pris par match a fléchi dans des proportions inquiétantes pour un postulant à la qualification : 3,54 points par match sur la phase aller contre seulement 1,86 points par match ensuite, avec un déplacement de plus au compteur.
Le diagnostic des entraîneurs et joueurs
Antoine Nicoud, l'entraîneur de la défense béarnaise, livre un diagnostic sans concession : « Il manque un petit quelque chose, un peu partout. Est-ce qu'on s'est un peu mis en mode résistance au lieu d'imposer notre jeu, de dicter le tempo comme on avait très bien su le faire à Castres ou à Bordeaux ? »
Le centre international Fabien Brau-Boirie pointe quant à lui un déficit de confiance : « Je pense qu'il y a un petit blocage qui s'est créé. Donc certains hésitent parfois à faire quelque chose. On doit arriver à se libérer, à se lâcher, sans se crisper ni se demander si on va bien ou mal faire. »
Le flanker Sacha Zégueur est encore plus direct : « On s'est dit que depuis Montauban, on n'a pas gagné un match à l'extérieur. Les perfs, elles ne sont pas bonnes. Il n'y a rien dehors. » Il cite notamment le jeu aérien où les équipes adverses arrivent désormais à contrer efficacement les Palois, surtout hors de leurs bases.
Un rythme préoccupant et des défis à venir
La cadence classique d'une équipe moyenne de Top 14 est de +4 points à la maison et 0 à l'extérieur. Le rythme devient plus préoccupant encore lorsque deux déplacements s'enchaînent, comme ce sera le cas avec Bayonne et le Stade Français.
Antoine Nicoud reconnaît la situation : « On n'avait pas connu de temps faible, et là, il l'est un peu plus. Bayonne se refait un peu, ils sont à la chasse à l'Europe, au top 8. Nous, on est à la chasse au top 6, et on va aller au Stade Français qui est à la chasse au top 2 ou 4. »
Face à cette période de flottement, le club béarnais a choisi de ne faire aucune impasse et d'aligner sa meilleure équipe sur les deux matchs à venir. Cette option est dictée par l'impératif comptable et par des circonstances calendaires qui offriront une semaine de répit toutes les deux rencontres au fil des six dernières journées.
Si Sacha Zégueur avoue qu'il « préférerait gagner chez son meilleur ennemi (Bayonne) » plutôt que chez l'un des rivaux directs, la Section Pau jouera les deux cartes à fond. L'enjeu est de taille pour les ambitions du club en cette fin de saison.



